Nous avons appris avec consternation l’exécution en Gambie de 9 condamnés à mort, dont une femme. Ce pays n’avait pas exécuté de prisonniers depuis 27 ans, même si à plusieurs reprises, le président gambien, Yaya Jammeh avait menacé de le faire, notamment en février 2010 et en janvier 2011. Il sera finalement passé à l’acte comme un pied de nez à la communauté internationale, à l’Union africaine et la Commission des droits de l’homme et à la société civile dans son ensemble.

Il me paraît d’ailleurs incompréhensible que la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples réside toujours en Gambie. En effet, accueillir le siège d’une telle institution impose des devoirs particuliers en matière de droits de l’homme.

Cet épisode tragique, nous montre également, s’il en était besoin, la terrible fragilité d’un moratoire, même le plus ancien qu’il soit, comme c’était le cas en Gambie. Les ONG et acteurs de la société civile des pays abolitionnistes de fait doivent absolument continuer le combat et ne pas se satisfaire d’un statu quo qui pèse comme une épée de Damoclès au dessus de la tête des condamnés à mort, aujourd’hui encore plus qu’hier. Le moratoire laisse planer le doute, l’incertitude de la peine et de son exécution ; cette incertitude est par elle-même une torture psychologique intolérable.

Cette année encore, ECPM sera présent à la Fête de l’Humanité, du 14 au 16 septembre dans le parc de la Courneuve. Ce sera l’occasion de porter ce message militant auprès d’un public jeune et engagé qui peut certaines fois croire que la peine de mort ne concerne plus qu’une extrême minorité de pays. Nous recherchons toujours le maximum de bénévoles pour cette action.

Enfin, le contre exemple gambien ne doit pas nous faire oublier que nous fêterons le 10 octobre prochain, les 10 ans de la Journée mondiale contre la peine de mort, qu’ECPM a participé à instituer. Nous mettrons, cette année, l’accent sur les avancées abolitionnistes et elles sont nombreuses, même si elles sont encore fragiles.

ECPM sera présent sur tous les fronts : au Caire, à New York, à Amman et à Ramallah, mais aussi à Paris, où nous organiserons le 10 octobre, une conférence à la maison des avocats en collaboration avec le barreau de Paris.

Raphaël Chenuil-Hazan