Fondée en 1991, et fêtant ses 20 ans cette année, la fondation est le fer de lance de la lutte contre la peine de mort dans la région. Œuvrant depuis Kampala, la FHRI a créé un important réseau de partenaires au niveau national, et à l’international. Secrétariat exécutif de la Coalition d’Afrique de l’Est contre la peine de mort, elle développe ses missions en association avec l’ONG Penal Reform International (PRI).
La question de l’abolition est très sensible en Ouganda. Comme l’a confié M. Sewanyana lors du 3e Congrès mondial contre la peine de mort, organisé par ECPM à Paris en 2007, « le principal obstacle à l’abolition de la peine de mort en Ouganda, c’est l’histoire de l’Ouganda. Depuis l’indépendance, notre pays a eu un passé très violent. Nous avons eu de nombreux gouvernements militaires, beaucoup de personnes ont été exécutées. Les gens sont devenus très intolérants les uns envers les autres, […] et parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir des gouvernements pacifiques qui prônent l’État de droit, ils ont commencé à croire de plus en plus dans la violence et à ce titre ils soutiennent la peine de mort ». Cette vision s’est illustrée en 2009, lorsque la population ougandaise s’est déclarée majoritairement contre l’abolition, lors d’un référendum populaire.
Ainsi pour soutenir l’action abolitionniste, Livingstone Sewanyana considère qu’il est nécessaire dans un premier temps, « d’éduquer la population pour qu’elle connaisse ses droits, qu’elle sache que la paix apporte la paix, et la violence apporte la violence ». A ce titre, un concours annuel universitaire de plaidoiries sur les droits de l’homme est organisé par la FHRI, incluant notamment la lutte contre la peine de mort. La FHRI tient aussi une importante mission d’assistance juridique aux justiciables ougandais. Dans un second temps, Livingstone Sewanyana développe les actions de mobilisation politique. Et, grâce à son engagement, une pétition de la FHRI fut à l’initiative de la révision constitutionnelle de 2003 relative à l’abrogation du caractère obligatoire du recours la condamnation à mort.
Suite à ce succès, Livingstone Sewanyana a pu constater un changement du climat général. « On commence à penser que la peine de mort n’est pas la punition la plus appropriée », a-t-il noté. Et ce, notamment dans le champ politique, puisqu’en 2010, des députés du parti majoritaire ont demandé à la FHRI de poser une motion devant le parlement pour l’abolition de la peine de mort.
Même si le pays compte aujourd’hui plus de 500 condamnés dans les couloirs de la mort, les autorités ougandaises semblent être disposées à lancer le débat. La FHRI et son directeur sont alors « convaincus que l’opinion continuera à basculer pour l’abolition de peine de mort en Ouganda. […] Et c’est donc pour cela [qu’ils continueront leurs] campagnes contre la peine de mort. »
Amina Jacquemin
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