Communiqué de presse
Paris, le 29 avril 2015

Choc et consternation ! Après plusieurs mois de mobilisation pour les sauver, l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) déplore les exécutions du mardi 28 avril. Toutes nos pensées accompagnent les familles des huit personnes fusillées.

« Ces hommes sacrifiés doivent être les derniers. Nous appelons à un coup d’arrêt immédiat des exécutions en Indonésie et à l’instauration d‘un moratoire officiel. L’association reste déterminée et continue son travail de mobilisation internationale », déclare Raphaël-Chenuil Hazan, directeur d’ECPM.

La situation de Serge Atlaoui, retiré au dernier moment de la liste des exécutions, reste extrêmement délicate. Dans ce contexte, ECPM intensifie ses démarches de sensibilisation pour obtenir la révision de son procès.

Depuis 1996, 21 personnes ont été exécutées en Indonésie pour trafic de drogue, dont 16 depuis 2013, date de la reprise des exécutions après une trêve de quatre ans. 124 condamnés attendent encore dans les couloirs de la mort indonésiens, dont 50 pour trafic de drogue, et parmi eux 33 étrangers.

Contact presse
Desislava Raoul, responsable communication ECPM
Tél : 0180877052, portable : 0613262912, E-mail : draoul@abolition.fr

Rappel des faits :
Huit personnes ont été exécutées dans la nuit du 28 avril dernier : deux Australiens – Andrew Chan et Myuran Sukumaran , un Brésilien – Rodrigo Gularte, trois Nigérians – Raheem Salami, Okwudili Ayontanze et Silvester Obiekwe, un Ghanéen – Martin Anderson, et un Indonésien – Zainal Abidin.

Le 28 avril, la Philippine Mary Jane Veloso a obtenu un sursis de dernière minute suite à de nouveaux éléments quant à son procès.

Serge Atlaoui a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin destiné à la production d'ecstasy. La Cour suprême indonésienne l’a condamné à mort en 2007. Serge Atlaoui a toujours clamé son innocence.
Le 1er avril 2015, lors de l’audience préliminaire qui examinait la demande en révision de son procès – ultime recours possible – la Cour de Tangerang a donné un avis favorable à la Cour suprême, tout en acceptant les nouveaux témoignages présentés par la défense. Le 21 avril dernier, la Cour suprême a refusé de réviser le procès de Serge Atlaoui, estimant qu’il n’y avait pas de nouveaux éléments.
Le 25 avril, Serge Atlaoui a obtenu un sursis grâce à un dernier recours administratif.
Les 8 autres condamnés ont été exécutés le mardi 28 avril.
Si Serge Atlaoui était exécuté, cela ferait de lui le premier français exécuté depuis 38 ans.
En février dernier, ECPM a lancé sa campagne « Ensemble, sauvons Serge Atlaoui et les autres condamnés à mort en Indonésie ! » en partenariat avec :
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT France), Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme (AEDH), Agir pour les Droits de l’Homme (ADH), Collectif Libérons Mumia, Ordre des avocats de Paris, Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), Fédération des Associations Réflexion-Action, Prison Et Justice (FARAPEJ), Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Fédération Nationale des Unions des Jeunes Avocats (FNUJA), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Lutte pour la justice (LPJ), Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Poster for Tomorrow. Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (RAIDH), Save Innocents, Union internationale des avocats (UIA).