Alors qu’elle s’apprêtait à embarquer pour Oslo dans le but de participer au 6e Congrès mondial contre la peine de mort, l’avocate égyptienne Hoda Abdelwahab a été informée par les autorités qu’elle était frappée d’une interdiction de voyager par ordre judiciaire.

« Depuis 2001, nous organisons le Congrès mondial contre la peine de mort pour que toutes les voix se rencontrent. Les témoignages venus de pays où les droits de l’homme sont quotidiennement bafoués nous sont particulièrement précieux. Je suis consterné par cette interdiction de voyager, qui constitue non seulement une entrave à la liberté de circulation mais également une grave censure de la parole d’une militante des droits de l’homme », a déclaré M. Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM.

Hoda Abdelwahab est une avocate égyptienne. Elle dirige également le Centre Arabe pour l’Indépendance de la Profession Légale et Judiciaire (ACIJLP), une organisation régionale fondée au Caire en 1997. Au-delà de son combat pour l’indépendance, cette ONG s’attache à faire appliquer le droit et à faire respecter les droits de l’homme en Égypte et dans les pays arabes. En plus d’être membre de la Coalition pour la Cour pénale internationale, l’ACILJP jouit du statut consultatif aux Nations Unies avec la mention ECOSOC.

Rappel des faits

L’utilisation de la peine de mort a triplé en 2 ans en Égypte. Le pays a prononcé au moins 538 condamnations en 2015, rendant ainsi le sujet de la peine de mort extrêmement sensible. Au cours des deux dernières années, les interdictions de voyager ont été fréquemment utilisées contre les militants des droits de l’homme et les activistes en Égypte. Dans le cadre de l’affaire n°173, 41 organisations égyptiennes font l’objet d’une enquête et de nombreux membres de ces organisations ont été accusés de recevoir des « financements étrangers illégaux » et de travailler sans « permission légale ».

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