Dans le cadre de son projet dans la région MONA (Moyen-Orient et Nord de l’Afrique), Ensemble contre la peine de mort (ECPM) organise, en partenariat avec la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH) et Penal Reform International (PRI), une conférence à Alger les 15 et 16 décembre prochain à Alger.

La conférence se focalisera sur le rôle de la société civile dans le processus abolitionniste au niveau national, régional et international. Elle vise à soutenir le mouvement abolitionniste algérien dans un contexte national difficile. Elle devrait plus particulièrement permettre d’identifier des actions communes à entreprendre par les militants abolitionnistes et contribuer à renforcer les synergies entre les différents défenseurs de l’abolition en Algérie : CNCPPDH, autorités algériennes et organisations de la société civile. Des militants et représentants des Coalitions marocaine, mauritanienne, algérienne, tunisienne, libanaise, yéménite, jordanienne, irakienne et palestinienne sont attendus à la conférence pour présenter les moyens d’actions (lobbying, sensibilisation,…) mis en place au niveau national pour pousser le processus abolitionniste dans chacun des pays de la région et enrichir les débats de leur expertise pour identifier l’implication possibles pour les militants dans le processus régional.

Si l’Algérie est un pays abolitionniste de fait depuis 1993 et parraine depuis 2007, le vote de la résolution des Nations unies relative à l’adoption d’un moratoire universel sur les exécutions, c’est aussi le pays de la région MONA qui détient le triste record du nombre de condamnations à mort, notamment pour des infractions de terrorisme (+ de 150 condamnations à mort prononcées par les tribunaux algériens en 2012). Aujourd’hui,, réagissant à un émoi populaire considérable au printemps 2013 à la suite d’une histoire d’enlèvement sordide, le Gouvernement algérien a élaboré un projet de loi visant à augmenter le champ d’application de la peine de mort en prévoyant cette peine pour les cas d’enlèvement en cas de décès de la victime. La conférence au cours de laquelle une centaine de personnes sont attendues pour débattre, sera l’occasion de réagir à ce projet de loi, et de remobiliser les militants abolitionnistes algériens pour provoquer une prise de conscience au sein de l’opinion publique et politique.

ECPM se réjouit qu’un tel évènement puisse avoir lieu aujourd’hui en Algérie alors que la dernière initiative du genre a été organisée en 2009. Cet évènement permettra à nos équipes de préciser leurs stratégies et moyens d’action pour soutenir les militants algériens au quotidien et leur apporter un appui adapté au contexte local.

Marianne Rossi