ECPM lance pour la 3e année consécutive en partenariat avec Iran Human Rights (IHR) son Rapport annuel sur la peine de mort en Iran. Ce Rapport est un outil indispensable pour comprendre et appréhender ce qui se passe en Iran dans ce pays fondamental pour les questions de droits de l’homme et de l’abolition de la peine de mort en particulier. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’UE revient à peine d’un voyage à Téhéran afin d’aborder les nouvelles relations entre l’Iran et l’Union européenne. Ainsi, de nombreux espoirs ont accompagné l’élection d’Hassan Rohani à la présidence de la république islamique d’Iran, le 14 juin 2013 ; lui-même parlait alors, d’une « victoire de la modération sur l’extrémisme. »

Quelle situation aujourd’hui ?
Nous devons nous rendre à l’évidence que la situation un an après son élection est encore très incertaine. Les chiffres présents dans le Rapport sont là pour nous alerter. En effet, le nombre d’exécutions en 2013 n’a jamais été plus élevé depuis les 15 dernières années, et cette tendance semble continuer en 2014. Les exécutions publiques restent encore nombreuses, et la possession et le trafic de drogue reste la charge la plus communément utilisée à l’encontre des personnes exécutées en 2013. 40% des exécutions n’ont pas été annoncées par les autorités et souvent conduites secrètement. Enfin les minorités ethniques sont particulièrement sur-représentées parmi les personnes exécutées. Dans la majorité des cas, nous constatons des cas de tortures, confessions forcées et des procès injustes.

Quelle marge de manœuvre ?
La position du président Rohani est certes difficile. En effet, le poids du Guide de la révolution, Ali Khamenei, du Conseil des gardiens de la Constitution et du Parlement iranien (majles en farsi) aux mains des plus conservateurs, comme Ali Ladjani n’est pas pour faciliter les réformes ambitieuses.
Cependant certains, notamment parmi la diaspora iranienne en Europe et en Amérique du Nord, regrette le manque de changement voire l’immobilisme en matière de droits de l’homme. Cette tendance alarmante des exécutions en 2013, qui ressort de notre Rapport, en est une preuve supplémentaire. Que 2013 soit la pire année depuis 15 ans en terme d’exécution est inacceptable !
D’autres veulent encore croire à la volonté de Rohani de réformer en profondeur la société iranienne pour améliorer les droits de l’homme dans le pays, en particulier parmi les Iraniens restés en Iran auprès notamment des leaders du Mouvement vert, Moussavi et Karoubi.
En tout état de cause, le manque d’avancées significatives nous rappelle la période de la présidence de Khatami entre 1997 et 2005 qui avait donné beaucoup d’espoir pour n’aboutir qu’à une reprise en main des plus conservateurs.

L’action d’ECPM sur la situation des droits de l'homme en Iran fait partie d'une stratégie de lobbying plus large. Nous tentons de mettre la situation des droits de l'homme et l'abolition de la peine de mort au centre des discussions entre la communauté internationale, et particulièrement des organisations intergouvernementales et des gouvernements européens. Nous travaillons enfin pour qu’il y ait une plus grande transparence sur la question de la peine de mort en Iran. En 2014, nous allons d’ailleurs sortir un numéro spécial de la revue Les cahiers de l’abolition sur l’Iran, ainsi qu’une publication de notre ami, journaliste et théologien, Emad Baghi.

Raphaël CHENUIL-HAZAN
Directeur Général ECPM

Lire la lettre demandant le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Iran

ECPM lance pour la 3e année consécutive en partenariat avec Iran Human Rights (IHR) son Rapport annuel sur la peine de mort en Iran. Ce Rapport est un outil indispensable pour comprendre et appréhender ce qui se passe en Iran dans ce pays fondamental pour les questions de droits de l’homme et de l’abolition de la peine de mort en particulier. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’UE revient à peine d’un voyage à Téhéran afin d’aborder les nouvelles relations entre l’Iran et l’Union européenne. Ainsi, de nombreux espoirs ont accompagné l’élection d’Hassan Rohani à la présidence de la république islamique d’Iran, le 14 juin 2013 ; lui-même parlait alors, d’une « victoire de la modération sur l’extrémisme. »

Quelle situation aujourd’hui ?
Nous devons nous rendre à l’évidence que la situation un an après son élection est encore très incertaine. Les chiffres présents dans le Rapport sont là pour nous alerter. En effet, le nombre d’exécutions en 2013 n’a jamais été plus élevé depuis les 15 dernières années, et cette tendance semble continuer en 2014. Les exécutions publiques restent encore nombreuses, et la possession et le trafic de drogue reste la charge la plus communément utilisée à l’encontre des personnes exécutées en 2013. 40% des exécutions n’ont pas été annoncées par les autorités et souvent conduites secrètement. Enfin les minorités ethniques sont particulièrement sur-représentées parmi les personnes exécutées. Dans la majorité des cas, nous constatons des cas de tortures, confessions forcées et des procès injustes.

Quelle marge de manœuvre ?
La position du président Rohani est certes difficile. En effet, le poids du Guide de la révolution, Ali Khamenei, du Conseil des gardiens de la Constitution et du Parlement iranien (majles en farsi) aux mains des plus conservateurs, comme Ali Ladjani n’est pas pour faciliter les réformes ambitieuses.
Cependant certains, notamment parmi la diaspora iranienne en Europe et en Amérique du Nord, regrette le manque de changement voire l’immobilisme en matière de droits de l’homme. Cette tendance alarmante des exécutions en 2013, qui ressort de notre Rapport, en est une preuve supplémentaire. Que 2013 soit la pire année depuis 15 ans en terme d’exécution est inacceptable !
D’autres veulent encore croire à la volonté de Rohani de réformer en profondeur la société iranienne pour améliorer les droits de l’homme dans le pays, en particulier parmi les Iraniens restés en Iran auprès notamment des leaders du mouvement Vert, Moussavi et Karoubi.
En tout état de cause, le manque d’avancée significative nous rappelle la période de la présidence de Khatami entre 1997 et 2005 qui avait donné beaucoup d’espoir pour n’aboutir qu’à une reprise en main des plus conservateurs.

L’action d’ECPM sur la situation des droits de l'Homme en Iran fait partie d'une stratégie de lobbying plus large. Nous tentons de mettre la situation des droits de l'homme et l'abolition de la peine de mort au centre des discussions entre la communauté internationale, et particulièrement des organisations intergouvernementales et des gouvernements européens. Nous travaillons enfin pour qu’il y ait une plus grande transparence sur la question de la peine de mort en Iran. En 2014, nous allons d’ailleurs sortir un numéro spécial de la revue Les cahiers de l’abolition sur l’Iran, ainsi qu’une publication de notre ami, journaliste et théologien, Emad Baghi.

Raphaël CHENUIL-HAZAN
Directeur Général ECPM