Communiqué de presse

Paris, le 22 décembre 2014

« La brusque reprise de l’application de la peine de mort en Jordanie est un signal extrêmement inquiétant. Les 11 exécutions du 21 décembre dernier représentent une grave violation des engagements internationaux par l’Etat jordanien. C’est d’autant plus choquant que cela arrive dans un Etat qui était tout prêt de l’intégration dans le camp des Etats abolitionnistes de fait », déclare Raphaël Chenuil-Hazan, directeur de l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

8 ans après la dernière exécution en Jordanie, un débat sur l’application de la peine capitale divise la l’opinion publique locale. Selon le ministre de l’intérieur jordanien, Hussein Majali, une partie de la population estime que l’augmentation de la criminalité résulte de la non-application de la peine de mort.

« Les statistiques démontrent que la peine de mort n’est pas dissuasive. Elle ne peut pas répondre à la montée de la vague de criminalité ni à la menace terroriste. C’est une violence d’Etat qui mène au chaos. L’exemple de l’Irak, un pays voisin de la Jordanie, est assez explicite en ce sens », analyse le directeur d’ECPM.

Selon ECPM, la reprise des exécutions en Jordanie représente une dégradation choquante de la situation des droits de l’homme dans le pays. Surtout dans le contexte des déclarations en 2005 du roi Abdallah. Il avait exprimé devant un journal italien son souhait de modifier le code pénal de sorte que la Jordanie devienne "le premier pays du Moyen-Orient sans la peine de mort".

« ECPM constate une tendance dangereuse de céder au populisme. Nous appelons les autorités jordaniennes à faire des efforts pour améliorer leurs principes de justice et pour lutter contre les vraies origines de la recrudescence de la criminalité dans le société », déclare Raphaël Chenuil-Hazan.

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