27-10-2004

Lundi 4 octobre, 13h30. Salle de réunion du 4ème étage. Ministère des relations internationales du Québec, (MRI). Michel Taube et Ahmed Othmani s’entretiennent du cas Emmaddedine Bagghi. Le journaliste iranien vient d’être arrêté à l’aéroport de Téhéran alors même qu’il devait s’envoler vers Montréal pour couvrir le 2ème Congrès mondial contre la peine de mort. A la veille de l’ouverture officielle de l’événement international, les deux organisateurs décident une fois de plus de mobiliser leurs réseaux pour peser sur les autorités iraniennes et tenter d’empêcher son jugement par une cour cléricale dans un pays qui applique encore la peine de mort... Depuis 18 mois, les présidents d’Ensemble contre la peine de mort et de Penal reform international travaillent à réunir à Montréal plus de 500 acteurs de l’abolition universelle de la peine capitale. Militants, parlementaires, juristes, ministres et ambassadeurs se retrouveront du 6 au 9 octobre au théâtre Maisonneuve de la Place des arts. Dans les bureaux du Ministère des relations internationales, entre les tours du quartier d’affaire de Montréal, la jeune équipe constituée d’une quinzaine de Français et de Québécois et entourée de plus de 40 bénévoles se démène jusqu’au dernier jour pour favoriser la venue des centaines de participants attendus. « On a enregistré plus de 400 inscriptions et encore cela ne comprend pas le public local qui pourra accéder gratuitement à l’ensemble des débats et des tables rondes et autres manifestations culturelles » explique Murielle Yao chargée des inscriptions. Cette française de 22 ans étudiante en DESS gestion de l’humanitaire a rejoint le projet au mois de juillet. « Aujourd’hui je me bats pour que les ambassades accordent des visas à nos congressistes. Les difficultés viennent principalement des pays d’Afrique telle la république démocratique du Congo. Au total, c’est une centaine de personnes qui pourraient être empêchée de venir parce qu’elle n’ont pas fourni les pièces justificatives nécessaires. » Grâce à un financement exceptionnel de l’Agence canadienne pour le développement international des représentants des Etats les plus pauvres pourront venir témoigner de leur lutte quotidienne pour l’abolition. Marjolaine Geze s’y affaire sans relâche depuis son arrivée de France il y a un mois. « Parce qu’il me semble essentiel que ces personnes puissent venir ici, se rencontrer et échanger leur expérience respective » Outre des militants, Bâtonniers et avocats feront le déplacement du Japon, du Kirghizstan, d’Algérie, de Namibie… Ils seront rejoints par des élus et des représentants de l'exécutif de plus de 20 Etats. Brendan Scully enregistre quotidiennement de nouveaux soutiens. « Le dernier en date est le Luxembourg mais je reste particulièrement marqué par l’appui du Mexique parti du président Fox lui même et exprimé par sa ministre. Parce que c’est un pays oú même s’ils n'exécutent plus depuis 1961, l’idée de peine de mort reste profondément ancrée dans la population. » s’enthousiasme ce Montréalais spécialiste des pays de l’est européen. « Plus il y aura d’Etats prônant l’abolition, plus la pression internationale sera forte sur eux ». Pour Maela Begot, il faut aussi dire et redire la nécessite de l’abolition a l’ensemble des chefs d’Etats. Chercheuse en sociologie politique à Paris, cette spécialiste du Rwanda est passée directement d’Arusha à Montréal. Rivée à son écran elle prépare la table ronde consacrée a la question de la peine de mort et des organes de justice internationale. « Suite au génocide, il y a 800 condamnés à mort qui attendent leur exécution. On ne peut pas fermer les yeux ». Comme Maela, Renee Gartland a rejoint l’équipe du Congrès bénévolement. Avocate, elle est arrivée des Etats-Unis dimanche pour proposer son aide. Aujourd’hui, elle prépare les chevalets pour présenter les plus de 180 intervenants qui animeront les trois plénières et plus de trente tables rondes. « Même ces petites choses sont importantes si elles aident au bon déroulement de cet événement primordial et permettent de parler de la peine de mort jusqu’aux Etats-Unis . »

Emmanuel Maistre

A lire également

Les articles

Les news

Espace Condamnés

Peter CANTU

CANTU Peter
(Etats-Unis)

Peter Cantu a été exécuté par l'Etat du Texas le 17 août 2010. Il avait 35 ans.

En savoir plus | Sommaire

 

Boutique

Le t-shirt Pas d'Homo à l'échafaud !



Dites non à la peine de mort pour les homosexuels avec le T-shirt de la campagne Pas d'homo à l'échafaud : Nigeria - Soudan - Yémen - Mauritanie - Émirats Arabes Unis - Arabie Saoudite - Afghanistan - Pakistan - Iran - Bourreaux d’homos !

Existe en tailles : M, L, XL et XXL.

Voir le T-shirt !

Prix : 15.00 euros

Commander

Faire un don

Soutenez l'abolition universelle de la peine de mort en devenant donateur.