Population du pays : 25,2 millions
Nombre d’étrangers dans le pays : 5,6 millions (22% de la population)
Le nombre d’exécutions en Arabie Saoudite a été particulièrement important en 2007, et les premiers chiffres en 2008 ne laissent pas présager d’amélioration.
2004 : 38 exécutions
2005 : 90 exécutions
2006 : 39 exécutions
2007 : 158 exécutions dont 82 Saoudiens et 76 étrangers.
48 % des personnes exécutées sont des étrangers.
2008 : Au moins 28 personnes ont été décapitées dont 17 saoudiens et 11 étrangers.
39 % des personnes exécutées sont des étrangers.
Actes passibles de la peine de mort :
homicide
viol
vol à main armée
banditisme de grand chemin
sabotage
trafic de drogue
sorcellerie
adultère
sodomie
homosexualité
apostasie (renoncement à l'islam)
Mode d’exécution : décapitation au sabre
Les exécutions se produisent en public et par décapitation au sabre aux abords des mosquées les plus fréquentées des principales villes du pays, après la prière du vendredi. La police retient les spectateurs et s’assure que personne ne prenne de photos. Les condamnés, habituellement sous sédatifs, sont contraints de s’agenouiller. Ils sont encadrés par des religieux et des officiers de maintien de l’ordre, et placés face à la famille de la victime.
Un représentant du gouvernement lit les accusations et le verdict. Au milieu de la lecture, le bourreau entaille la nuque du condamné avec son épée, ce qui a pour effet de raidir sa nuque. Ensuite, le bourreau brandit son sabre au milieu des cris de la foule qui hurle "Allah Akbar!" ("Dieu est grand") et décapite le condamné d’un coup sec.
Principe des réparations
En vertu du principe de qisas (réparation) inscrit dans la Charia (loi islamique), les proches d’une victime de meurtre ont la possibilité de pardonner au meurtrier avec ou sans compensation financière (diya). Dans ce cas, la personne n’est pas exécutée. Mais ils peuvent également choisir d’exiger l’exécution.
Peine de mort pour les mineurs
Bien qu’ayant ratifié en 1996 la Convention des droits de l'enfant, l’Arabie Saoudite continue de condamner à mort et d’exécuter des personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés.
En juillet 2007 par exemple, l’Arabie Saoudite a exécuté Dhahiyan al-Thawri al-Sibai à Taïf. Celui-ci avait été condamné à la peine capitale pour un homicide qu’il aurait commis alors qu’il était mineur. Il avait été placé dans un centre de détention pour mineurs jusqu’à ses dix-huit ans, puis transféré à la prison de Taïf. En mai 2007, il avait imploré le pardon de la famille de la victime, mais son appel avait été rejeté.
En janvier 2006, devant le Comité pour les Droits de l’enfant, les autorités saoudiennes avaient déclaré qu'aucun mineur n'avait été exécuté depuis l'entrée en vigueur de la Convention dans le royaume en 1996.
Peine de mort pour les étrangers
La justice saoudienne est particulièrement intransigeante avec les travailleurs étrangers, et notamment avec ceux provenant des pays pauvres du Moyen-Orient, de l'Afrique et de l'Asie, qui représentent près d’un quart de la population saoudienne. Les ressortissants étrangers en Arabie Saoudite sont plus exposés que les Saoudiens à des erreurs judiciaires et à des procès inéquitables. En raison de leurs origines, ils ont peu de chance d’échapper à la peine capitale ; ils bénéficient d’une représentation légale et d’une assistance consulaire insuffisantes voire inexistantes, sont privés de tout soutien familial et ne peuvent pas comprendre la teneur des déclarations rédigées en arabe qu’ils doivent signer. Il arrive que leur condamnation repose uniquement sur des « aveux » obtenus par la contrainte, la torture ou la ruse. Les procès se déroulent dans le secret, les accusés et leurs proches ne sont pas informés des accusations ni de l’évolution des procédures les concernant.
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