Serge Atlaoui, ressortissant français, est condamné à mort… Il est détenu, depuis bientôt dix ans, dans les prisons indonésiennes, et depuis sa condamnation à la peine capitale, dans les couloirs de la mort. Son histoire rappelle que la peine de mort peut encore, 35 ans après son abolition en France, frapper un Français, s'il est condamné dans un pays rétentionniste.

Serge Atlaoui s'est vu proposer, il y a dix ans, un travail de soudeur en Indonésie. Il ignorait alors que les machines sur lesquelles il devrait travailler étaient destinées à la fabrication de la molécule de base de l'ecstasy. Il lui avait été expliqué que l'usine qui l'employait avait vocation à produire de l'acrylique. Arrêté lors d'une descente de police dans les locaux au sein desquels il travaillait, il sera condamné à perpétuité en première instance, décision confirmée en appel. Sur recours du parquet général, la Cour Suprême le condamnera à mort.

Depuis cette date, Serge Atlaoui a toujours, avec constance, fermeté et discrétion, rappelé qu'il n'avait jamais été informé de l'activité réelle de l'usine. Il a toujours affirmé qu'il conservait toute sa confiance en la justice indonésienne, convaincu qu'elle saurait se rendre à l'évidence et retenir que le rôle si subalterne, et d'ailleurs involontaire, qui a été le sien, ne pouvait justifier une telle condamnation.

Nous avons introduit le dernier recours qui lui est offert par la loi indonésienne, et il semble aujourd'hui acquis que le tribunal qui en est saisi, ait d'ores et déjà décidé de considérer que ce recours n'était pas fondé, de sorte qu'il paraît probable que les juges décident de transmettre le dossier à la Cour Suprême – qui reste seule compétente pour connaître de cette procédure – avec un avis défavorable. Les nouvelles pièces ne seront pas examinées, les témoins ne seront pas entendus… On s'étonnera du sort réservé à Serge Atlaoui, alors que le même recours, introduit auparavant par le principal condamné du dossier, le propriétaire de l'usine, fait l'objet d'un examen attentif depuis 18 mois…

La décision de la Cour Suprême n'est toutefois pas encore rendue, et nos espoirs restent vifs… Nous ne voulons pas croire qu'un homme puisse être envoyé à la mort sans que le recours que la loi lui offre encore ne fasse l'objet d'un examen des plus attentifs, surtout lorsqu'il apparaît, sans conteste possible, qu'il n'a jamais été un trafiquant et qu'il s'agit au contraire d'un simple ouvrier auquel on a promis, pour une période fort brève, un revenu un peu plus important que celui qu'il percevait en Europe, sans jamais l'informer sur la nature réelle de l’activité de l'entreprise.

Besoin de votre soutien

Aujourd'hui, avant qu'il ne soit trop tard, et afin qu'il ne soit jamais trop tard, nous avons besoin de votre soutien, pour aider Serge et sa famille, qui doivent faire face à de nombreux frais : honoraires de l'avocat indonésien, frais de séjour de son épouse, qui passe quelques semaines à ses côtés, frais judiciaires et pénitentiaires qui lui sont réclamés… Serge Atlaoui doit notamment régler le coût de l'escorte qui l'accompagne du centre pénitencier où il est détenu jusqu'à la salle d'audience. Chaque déplacement coûte près de 2 000 €…

Je défends, bénévolement, Serge Atlaoui depuis sa condamnation. Je sais sa douleur, celle de son épouse, de ses quatre enfants, de ses proches. Je sais aussi qu'il n'ont jamais fait appel à la générosité publique, leur pudeur, leur délicatesse, leur courage silencieux les en empêchaient peut-être… Aujourd'hui pourtant, ils ont infiniment besoin de vous, avant qu'il ne soit trop tard… pour qu'il ne soit jamais trop tard !

Par Richard Sedillot,
Avocat de Serge Atlaoui et administrateur d'ECPM