Nous avons tous 30 ans
Nous entrons ce mois-ci dans le vif du sujet pour les célébrations des 30 ans de l’abolition de la peine de mort en France. Ainsi, il aura fallu quatre jours de débats qui feront date dans l’histoire politique de notre pays. Les 17 et 18 septembre 1981, à l’Assemblée nationale, puis les 29 et 30 septembre au Sénat, Robert Badinter, alors Garde des Sceaux, portait à bout de bras la loi d’abolition faisant de la France (seulement !) le 35e pays abolitionniste.

Pour ce faire, ECPM comme toujours a préparé un programme ambitieux et varié permettant à tous de revivre les débats de l’époque, mais surtout de comprendre l’urgence prégnante de l’abolition universelle aujourd’hui.

Nous avons d’ailleurs lancé un concours vidéo : "30 ans d'abolition de la peine de mort en France" appelant les trentenaires français à témoigner de leurs impressions sur la peine de mort, eux qui ont la chance d’être né dans un pays abolitionniste. Regardez la vidéo de présentation et retrouvez les détails ICI

Car c’est à la jeunesse de nous rappeler que ce mois-ci, nous avons tous 30 ans !

Il faut sauver Troy Davis !
Mais, comme à chaque fois, losque l’on célèbre un événement ou que l’on se réjouit d’un succès, l’actualité nous rattrape, irrémédiablement. Ainsi, Troy Davis, parce qu’il a été un emblème, pendant ces vingt dernières années, de l’injustice dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis, revient nous dire que le combat est plus que jamais d’actualité.

Le 21 septembre est prévue une nouvelle fois son exécution. Cependant, cette fois-ci, seule une mobilisation internationale peut le sauver étant donné la situation de son dossier juridique et de ses différents appels rejetés. « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent », disait Voltaire dans Zadig ou la destinée (et non pas dans Zadig & Voltaire !).

La Géorgie prendra t’elle le risque de tuer un « innocent » ? Car à l’heure actuelle, personne ne peut certifier de la culpabilité de Troy. Malheureusement, je le crains.

Finalement ici, encore une fois, le coupable est, comme disait Sénèque, celui à qui profite le crime. Et dans ce cas-là, le crime profite assurément à la démagogie et à la politique de la peur ! Une démarche politicienne bien peu honorable.

Raphaël Chenuil-Hazan