Quoi de plus réjouissant que la perspective de se revoir ou pour certains de se rencontrer pour la première fois afin d’élaborer les stratégies futures pour l’abolition universelle.

Depuis 15 ans, et 6 Congrès mondiaux, la dynamique abolitionniste passe inévitablement par cette rencontre incontournable. Je sais combien vous attendez et espérez cet évènement durant ces 3 ans d’attente et de préparation. Je sais combien le Congrès mondial est une respiration pour beaucoup d’entre vous qui pouvez-vous sentir isolés voir en difficultés dans le quotidien de votre combat. Encore une fois, vous serez au rendez-vous, puisque nous attendons plus de 1500 participants à Oslo.

Oslo, ville des symboles des Prix Nobel de la Paix dont beaucoup seront présents avec nous. La Norvège, pays engagé totalement depuis le Congrès de Madrid dans un plaidoyer international au côté des autres parrains du Congrès que sont la France et l’Australie. Car la nouveauté de ce Congrès est d’abord une extraordinaire mobilisation politique à tous les niveaux. Jamais nous n’avons reçu autant de retours aussi enthousiastes de ministères (Affaires étrangères et Justice) qui souhaitent en savoir plus sur le Congrès et sur le mouvement abolitionniste. A Oslo, il y aura les ministres et délégations officielles présentes, mais aussi tous ceux qui auront été sensibilisés durant la campagne menée tambour battant depuis 2 ans en partenariat avec le Groupe de Soutien au Congrès mondial réunissant plus de 14 diplomaties abolitionnistes particulièrement engagées contre la peine de mort. Nous attendons plus de 30 ministres d’Etat, qui donnera à ce Congrès une dimension politique inégalée.

La dimension politique prend aussi d’autres formes, notamment par la mobilisation des parlementaires du monde entier qui seront présents et eux aussi des acteurs du changement au niveau national. Cela nous renvoi inévitablement au discours de Robert Badinter, Président d’Honneur d’ECPM et ancien Garde des Sceaux français qui a porté la loi d’abolition il y a 35 ans en 1981. Son discours à l’Assemblée nationale le 17 et 18 septembre 1981 illustre parfaitement le poids et le rôle politique des parlementaires.

De plus, Oslo, verra pour la première fois, les Institutions nationales des Droits de l’Homme de plus de 30 pays discuter et aborder leurs rôles de plus en plus important dans les dispositifs nationaux de respect des droits humains, dans les processus d’abolition nationaux. Encore une fois, le Congrès mondial est facteur d’innovation et de changement.

Enfin, le continent asiatique sera à l’honneur (dans la continuité du Congrès régional de Kuala Lumpur en 2015) par de nombreux débats et une plénière spécifique, par la présence du Réseau Asiatique contre la peine de mort – ADPAN et par les engagements que nous souhaitons porter vers cette région fondamentale dans la lutte pour l’abolition. D’autant, que la situation est inquiétante, je pense notamment aux velléités affichées du nouveau président des Philippines réintroduire la Peine de mort en opposition totale avec tous les traités signés par son pays. Je pense également aux relances des exécutions au Pakistan et en Indonésie qui font de ces deux pays des sujets d’inquiétudes pour le présent et l’avenir.

Je crois en la force de nos débats et nos échanges à Oslo qui seuls apporteront la dynamique de l’abolition et du changement. C’est dans le dialogue que nous arriverons à convaincre les gouvernements encore réticents à passer le pas de l’abolition.

Un proverbe chinois dit qu’Il vaut mieux allumer une bougie que maudire l’obscurité. Allumons tous ensemble à Oslo les bougies de l’espoir pour l’abolition universelle.

Raphaël Chenuil-Hazan Directeur général ECPM