Après le succès des interventions scolaires réalisées pendant les 30 ans de l’abolition en Octobre dernier, ECPM, en partenariat avec la Coalition marocaine contre la peine de mort , est allé à la rencontre des lycéens marocains.
Les élèves de deux lycées de Kenitra et Marrakech ont ainsi reçu une information en français, sur la situation internationale de la peine de mort, avant d’écouter le témoignage en arabe d’Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort libanaise, libérée en 1999 après 5 ans d’incarcération et de tortures physiques et psychologiques. Mostafa Znaidi, coordinateur adjoint de la Coalition marocaine contre la peine de mort a ensuite expliqué aux élèves que le Maroc est un pays abolitionniste de fait puisqu’aucune exécution n’a été pratiquée depuis 1993, même si des condamnations à mort peuvent toujours être prononcées (Rappelons ici la condamnation à mort prononcée à l’encontre du principal accusé des attentats de Marrakech de 2010 alors que les familles de victimes y étaient opposées) . Il a ajouté que 103 condamnés à mort sont actuellement incarcérés dans le pays, en majorité dans la prison centrale de Kenitra.
Les élèves rencontrés se sont montrés particulièrement attentifs aux informations données et se sont émus du sort d’Antoinette Chahine. Une jeune fille a ainsi déclaré à Marrakech qu’elle était favorable à la peine de mort avant d’assister au témoignage d’Antoinette mais que ce dernier ainsi que toutes les informations qu’elle avait reçu lors de l’intervention, l’avait fait changer d’avis. Un autre élève a d’ailleurs souhaité connaître la manière d’agir pour soutenir l’abolition et venir en aide aux condamnés à mort. En revanche, la question de la conformité de l’abolition au Maroc avec la religion musulmane a beaucoup préoccupé les élèves, ce qui confirme l’importance d’impliquer des représentants religieux dans la lutte contre la peine de mort au Maroc. Cet objectif est d’ailleurs au cœur de l’action menée par ECPM en partenariat avec l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), puisqu’un rapport Islam et peine de mort sera réalisé au cours de l’année.
Une intervention a étalement été organisée au sein de l’Institut de communication de Marrakech, au cours de laquelle les élèves ont remis un prix à Antoinette Chahine. Ces activités ont marqué le lancement du projet « Eduquer à l’abolition au Maroc » par la Coalition marocaine contre la peine de mort. ECPM, initiateur du projet en France, espère que le programme marocain rencontrera le même succès qu’auprès des élèves français et contribuera à faire évoluer les mentalités et ainsi engager le Maroc vers l’abolition. En tout état de cause, ces interventions ont prouvé, par la similitude des questions des élèves marocains avec celles des élèves français, l’universalité des arguments à défendre pour parvenir à l’abolition partout dans le monde.

Marianne Rossi