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1er
Congrès mondial contre la peine de mort
Strasbourg - 21, 22, 23 juin 2001
HUMAN RIGHTS ALLIANCE France
LA PEINE DE MORT EN IRAK (par Françoise Brié)
INTRODUCTION
Avant de détailler la situation de la peine de mort en Irak, il
importe de rappeler quelques points essentiels qui permettront de comprendre
pourquoi elle est si répandue dans ce pays.
1. La primauté de la loi nexiste pas en Irak, il y a seulement
la volonté et les désirs de Saddam Hussein et cest
souvent lui qui décide de la vie ou de la mort de telle ou telle
personne.
2. Le régime de Saddam Hussein na cessé de violer
la propre " constitution provisoire " de lIrak, établie
en 1958 et modifiée à plusieurs reprises tout en restant
provisoire.
3. La répression dans lensemble du pays a coûté
la vie à plus dun million de personnes, sans compter les
guerres, soit environ 5% de la population depuis larrivée
au pouvoir de Saddam. Celà sexplique par la grande brutalité
du régime et la disproportion des peines par rapport aux délits,
à un niveau individuel et surtout collectif. La punition par la
mort de la population de la ville kurde dHalabja dans les années
80 en est une illustration. Lappartenance à une ethnie, comme
dans le cas des Kurdes Feyli, a eu pour résultat également
la disparition et la condamnation à mort de 7 000 hommes âgés
de plus de 18 ans. De plus, lors des opérations dAnfal, qualifiées
de génocide, une législation spéciale a été
appliquée pour la déportation des Kurdes avec en plus la
condamnation à la peine de mort pour tous ceux qui sapprochaient
des zones détruites et interdites.
4. Aucune mission denquête sur la situation des droits de
lhomme na pu se rendre en Irak depuis des années, ce
qui ne fait que contribuer à la persistance des plus graves violations.
La plupart des informations sont collectées auprès des réfugiés
irakiens, dont le nombre dépasse largement les trois millions.
LA PEINE DE MORT
La peine de mort non seulement est en vigueur dans le système juridique
irakien depuis 1920, date de la fondation de létat irakien,
mais son champ dapplication a été extraordinairement
étendu depuis la prise du pouvoir par le parti Bass en 1968 et
plus particulièrement depuis 1979, date du début de la présidence
de Saddam Hussein.
De nombreuses mesures dexception établies, y compris pour
la peine de mort, sont appelées provisoires mais perdurent depuis
des années.
Les crimes du régime peuvent être classés en deux
catégories(1) :
1. Les exécutions extrajudiciaires commises par différentes
sections et directions du parti Baas dans les structures militaires et
de sécurité, en général sous les ordres directs
et personnels du président lui-même ou de ceux à qui
il délègue une telle autorité.
Ces exécutions sont toujours présentées dans un cadre
détat dexception ; or lIrak, au moins depuis
1980, vit dans cet état (guerre Iran-Irak, puis invasion du Koweït
et guerre du Golfe et embargo).
2. Un bon nombre de condamnations à mort seffectuent à
travers des lois et des décrets issus du Conseil du Commandement
de la Révolution (CCR), qui représente linstance législative
suprême du régime, dont les décisions ont force de
loi.
Dans bien des cas et en raison du secret qui entoure les exécutions,
il nest pas possible détablir sil sagit
dexécutions judiciaires ou extrajudiciaires(2). Néanmoins,
il semble évident quil sagit pour la plupart, dexécutions
extrajudiciaires.
Il est important de noter que le caractère proportionnel de la
peine selon la gravité des délits nexiste pas en Irak.
Le régime a en effet augmenté et multiplié les lois
et résolutions qui condamnent de la peine de mort, des actes qui
sont loin de requérir une telle peine dans dautres pays où
la peine de mort na pas été abrogée. La promulgation
de la peine de mort pour beaucoup de délits y compris non violents
(vol, désertion, etc
) est contraire à larticle
6 de la convention internationale sur les droits civils et politiques.
LES PROTAGONISTES
POLITIQUES ET INSTITUTIONNELS
Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains du Conseil de
Commandement de la Révolution (CCR). Saddam Hussein préside
ce corps de 9 membres, qui désigne le président de la République
et le conseil des Ministres et en occupe les deux postes les plus importants.
Le Conseil de Commandement de la Révolution (CCR) publie des décrets
et des lois selon le droit constitutionnel (article 42) qui lui est accordé
de promulguer.
Le pouvoir judiciaire est totalement soumis et dépendant dun
exécutif appartenant au CCR, lui-même sous la direction du
Président de la République(3).
LAssemblée Nationale na aucun pouvoir(4) et nest
quune chambre denregistrement des ordres donnés par
le CCR.
Sur le plan local, le parti Baas a une délégation de pouvoir
pour appliquer les décrets du CCR, sans aucun contrôle judiciaire.
PROCEDURES, LOIS ET
DECRETS
Il sagit du pays où existe le plus grand nombre de décrets
et de lois condamnant à la peine capitale.
Les structures politico-juridiques de la République irakienne sont
une cause essentielle des violations des droits de lHomme en Irak.
Les décrets publiés par le CCR et appliqués sur tout
le territoire, illustrent parfaitement cette situation(4).
Le système juridique irakien est un système profane, même
si le régime utilise parfois certaines lois religieuses à
des fins politiques.
Il existe un code pénal " officiel ", auquel il faut
ajouter un ensemble de décrets et de lois non publiés exceptés
pour quelques responsables appartenant à lappareil de sécurité
et chargés de leur application(5). Depuis 1996, certains châtiments
comme les amputations ou le marquage au fer rouge, appliqués depuis
la promulgation de décrets en 94 et dénoncés par
la communauté internationale, ne sont plus couverts par les médias
irakiens comme auparavant. Il nexiste pas de statistique officielle
relative à la peine de mort. En 2000, le gouvernement irakien na
cependant pas démenti que de nombreuses exécutions aient
eu lieu mais a expliqué que cela était rendu nécessaire
par le nombre important de crimes et dactes subversifs survenus
dans le pays(6).
Le régime de Saddam Hussein peut être caractérisé
par sa très large pratique des exécutions. La peine de mort
est massivement appliquée en Irak pour tout un ensemble dinfractions
de droit commun et de crimes politiques qui ne sont pour la plupart même
pas considérés comme des crimes dans le monde(7). Depuis
1978, le nombre de crimes passibles de la peine de mort na cessé
daugmenter. Il existe au moins 50 décrets et lois qui prescrivent
cette peine et peuvent aussi être appliquées rétroactivement(8).
A part les exécutions pour " délits ", que Saddam
Hussein a décrétées, il y a aussi un grand nombre
dexécutions en dehors même de la législation
officielle comme la mort sous la torture, les assassinats et les empoisonnements(9).
Lappareil judiciaire subit des pressions de la part du parti au
pouvoir lorsquil instruit des affaires déterminées
et nest pas autorisé à examiner certains de ces cas
qui relèvent de la compétence dautorités extrajudiciaires(8).
La cour de sécurité de létat et la cour révolutionnaire
ont été abolies et remplacées par dautres cours
spéciales ou dexception, qui sont en fait permanentes et
des cours militaires qui jugent surtout les délits politiques.
Il existe également une cour spéciale du Ministère
de lIntérieur habilitée à prononcer la condamnation
à mort. Les décisions de ces cours ne peuvent être
jugées en appel sauf auprès du Président. La confiscation
des pouvoirs des cours civiles par ces cours spéciales et militaires
a toujours été la règle. Plus de 100 amendements
ont par ailleurs été introduits dans le code pénal
militaire pour le rendre plus sévère et cruel. Le code pénal
militaire comprend 86 articles dont 13 concernent la peine de mort. Ainsi,
depuis la guerre avec lIran en 1980, la désertion est passible
de la peine de mort.
Dans toutes ces cours, des militaires ou des membres des services de sécurité
font office de juges alors quils ne sont pas formés pour
cette fonction.
Sil existe un code pénal pour les crimes de droit commun,
il faut ajouter que les tribunaux civils sont souvent utilisés
pour des prisonniers politiques déjà jugés par des
instances militaires ou de sécurité et qui sont alors condamnés
à mort pour des prétendus crimes de droit commun.
Les procès des criminels de droit commun condamnés à
la peine de mort sont renvoyés à la cour de cassation, mais
dans de nombreux cas, lors de l'appel, les sentences ont déjà
été exécutées.
Toutes les condamnations à mort doivent être ratifiées
par un décret présidentiel avant dêtre effectuées.
Il nexiste pas de procès juste et équitable en Irak.
Ainsi pour les amputations, des médecins rapportent que les inculpés
sont dabord punis, puis envoyés en prison sils ne sont
pas décédés puis jugés par des cours militaires.
Des circulaires peuvent être publiées par des autorités
locales qui appliquent des mesures dexception pour combattre les
" opposants ". Ainsi ont eu lieu des exécutions extrajudiciaires
dans la région des marais dun nombre indéterminé
de civils non armés et dopposants présumés
au gouvernement.
Enfin, la peine de mort est aussi appliquée pour les mineurs de
moins de 18 ans selon des décrets spéciaux.
APPLICATION DE LA
PEINE DE MORT
Un exemple : la campagne de " nettoyage des prisons "
Le phénomène le plus marquant ces dernières années
est celui appelé " nettoyage de prisons " qui a lieu
depuis fin 1997, suite à une visite de Qousaï, fils de Saddam
Hussein, chef des services de sécurité spéciale.
Le " nettoyage des prisons " consiste à lélimination
physique massive, continue et systématique des prisonniers et détenus
politiques condamnés à la peine de mort ou à plus
de 15 ans demprisonnement. Les prisonniers sont fusillés,
électrocutés ou pendus. Les exécutions sont faites
sous la direction des officiers militaires et de la " sécurité
spéciale ". Les corps des prisonniers politiques ne sont en
général pas remis aux familles et enterrés de nuit
par la " sécurité spéciale " dirigée
par Qoussaï ou par les fedayins de Saddam, milice dirigée
par Oudaï, lautre fils de Saddam Hussein. Si les familles veulent
récupérer les corps, elles doivent payer le prix des balles(11).
Un comité de " juges " a dressé un planning des
exécutions pour les dimanches et mercredis.
Les familles des détenus politiques nont pas le droit de
porter le deuil en public et peuvent être prévenues de lexécution
plusieurs années après la mort du détenu(8).
Cette campagne a déjà coûté la vie à
au moins 3000 personnes dont 1500 à 2000 personnes en 1997.
CONCLUSIONS
Le débat sur la peine de mort est généralement absent
sous les régimes dictatoriaux et surtout de grande terreur comme
le régime irakien, qui doit être jugé pour crimes
contre lhumanité, crimes de guerre et génocide. Le
débat sur la peine de mort, aussi important soit-il, paraît
malheureusement comme étant surréaliste dans un contexte
dune telle violence où lopinion publique ne peut sexprimer.
Ce débat ne pourra avoir lieu quavec linstauration
dun régime respectueux des droits de lhomme et démocratique.
En dépit de la tendance croissante dans le monde en faveur de labolition
de la peine de mort, lIrak a, au contraire, considérablement
élargi le champ dapplication de ce châtiment au moyen
de décrets du Conseil de Commandement de la Révolution.
Il est urgent que soit décrété un moratoire sur les
exécutions conformément à la demande formulée
à plusieurs reprises par la Commission des Nations Unies.
La résolution 688 du Conseil de Sécurité relative
à la protection de la population irakienne doit être appliquée
et le déploiement dobservateurs des droits de lHomme
sur tout le territoire irakien doit être réalisé compte
tenu des manquements graves aux obligations incombant à lIrak
en vertu des articles 6 et 14 du Pacte international relatif aux droits
civils et politiques, ayant trait au droit à la vie et au droit
dêtre jugé équitablement.
(1) Jurist, Iraqi Jurists Association, décembre 2000.
(2) Amnesty International, rapport 2001.
(3) Rapport du rapporteur spécial sur la situation des droits de
lHomme en Irak, E/CN.4/1994/58.
(4) Rapport du rapporteur spécial sur la situation des droits de
lHomme en Irak, E/CN.4/1995/56.
(5) Rapport du rapporteur spécial sur la situation des droits de
lHomme en Irak, E/CN.4/2001/42.
(6) Rapport du rapporteur spécial sur la situation des droits de
lHomme en Irak, A/55/294
(7) Amnesty International MDE 14/10/99
(8) Rapport de rapporteur spécial, E/CN.4/2001/42
(9) Jurist, Iraqi Jurists association, avril 2001
(10) Rapport du rapporteur spécial des Nations Unies, E/CN.4/1998/67.
QUELQUES EXEMPLES DE LOIS ET DECRETS
Le code pénal irakien condamne de la peine de mort :
- quiconque tente dassassiner le président (article 223)
- toute personne qui mène des activités politiques en dehors
du parti Baas au pouvoir (comme adhérer au parti Baas sans lavoir
informé au préalable de son appartenance précédente
à dautres partis ou garder des relations avec son ancien
parti et quitter le parti Bass pour rejoindre un autre parti (article
200).
- les auteurs des infractions comme lappartenance à un parti
ou à une organisation constitués dans le but de renverser
le régime (article 156) ou pour complot contre lEtat (article
175). Cela est utilisé pour mettre à mort des prisonniers
dopinion(7).
- les personnes qui demandent lasile à létranger,
qui rejoignent une opposition au régime, qui dévoilent des
secrets détats (y compris les rapports sur la situation des
droits de lhomme).
En 1986, le CCR publie le décret 840 qui modifie larticle
225 du code pénal qui condamne à mort toute personne qui
prononce une insulte ou une critique à légard du Président,
de son entourage, du parti Baas ou du CCR, de lassemblée
Nationale ou du gouvernement.
Le 31 mars 1980, Saddam Hussein signe le décret n°461 qui condamne
à la peine capitale tout membre appartenant au parti islamique
Al Dawa, sans distinction dâge (mineur ou vieillard), sympathisant
ou ayant aidé à un titre ou à un autre un membre
de ce parti. Plusieurs milliers de personnes ont été ainsi
exécutées(10) .
Pour la législation sur le commerce avec des sociétés
étrangères, les peines pour des pratiques, considérés
par le monde extérieur comme des pratiques commerciales normales,
peuvent aller jusquà la peine capitale. Le régime
de Saddam Hussein a utilisé une telle législation pour condamner
à mort un grand nombre de commerçants en 1993, dont la peine
a été immédiatement exécutée.
Les décrets établis par le CCR punissent de la peine de
mort, le délit commis pour " motif indigne et égoïste
", le vol de voiture (décret 13/92), le faux monnayage (décret
9/93), la falsification de documents relatifs au service militaire. Le
décret 95 prévoit la peine de mort " pour quiconque
transporte clandestinement hors dIrak ou fait passer en fraude à
un membre hostile une automobile..".
Au début de juin 1994, le gouvernement irakien publie une liste
de décrets qui établissent des punitions sévères
comme lamputation, le marquage au fer rouge et la peine de mort..
Ces décrets utilisés pour servir de pression seront supprimés,
daprès les autorités, après la levée
des sanctions. On peut citer à cet égard, les cas de plusieurs
médecins condamnés à mort pour avoir refusé
dexécuter des amputations et marquage au fer rouge(11). Le
gouvernement irakien a maintenu que les décrets étaient
basés sur la Charia, la loi islamique que le gouvernement irakien
interprète en fonction de son agenda politique et pour lutter contre
les criminels.
La peine de mort est désormais appliquée pour 18 nouvelles
infractions dont le vol (décret 59), la corruption, la spéculation
de devises, le détournement de fonds, la contrefaçon, et
la falsification de documents, en particulier pour les personnes appartenant
à larmée ou fonctionnaires (décrets 91, 114),
le commerce de marchandises prohibées, de trafic dantiquités,
la prostitution (décret 118), linsoumission ou la désertion
militaire à 3 reprises. Pour ces deux dernières infractions,
les inculpés sont jugés par des tribunaux spéciaux,
appartenant aux ministères de la défense et de lIntérieur.
Il est intéressant de noter que les réseaux de trafic dantiquités
et de prostitution appartiennent aux deux fils de Saddam Hussein
Ces décrets peuvent être appliqués de façon
rétroactive. Laugmentation de la peine de mort pour des délits
a été considérable à partir de cette date.
LISTE NON EXHAUSTIVE DEXECUTIONS
- 1994
Exécutions massives dopposants présumés en
particulier dans la garnison dAl Radwaniya où étaient
incarcérés plusieurs milliers de chiites arrêtés
depuis le soulèvement de 1991
- 1996
150 détenus sont exécutés en janvier à Abu
Ghreb
- 1997
En février et mars, 650 personnes sont exécutées
à Abu Ghreb puis 170 en août, 600 en septembre, 100 et 568
les 9 et 12 novembre à Abu Ghreb, 80 et 154 le 15 et fin novembre
à Mossoul.
- 1998
La campagne de nettoyage des prisons sest poursuivie en particulier
à Abou Ghreb et Radwaniyah touchant plusieurs centaines de prisonniers
durant les derniers mois de 1998 (12) avec lexécution de
60 personnes en juin, 100 en septembre à Abou Ghreb puis 200 entre
octobre et décembre 98, ce qui porte le nombre total connu de prisonniers
exécutés depuis lautomne 97 à 2500.
Certaines informations rapportent lexécution de 2000 prisonniers
en une seule journée de mars 1998.
En novembre 98, après la visite de Qoussaï Saddam Hussein
et Ali Hassan Al Majeed, de nombreuses personnes ont été
également exécutées sommairement dans les gouvernorats
dAl-Amara et de Bassora. Beaucoup parmi les prisonniers exécutés
en raison de leur participation présumée au soulèvement
de 1991.
- 1999
Plusieurs centaines de personnes ont été exécutées,
dont beaucoup étaient des chiites soupçonnés dactivités
antigouvernementales et des officiers supérieurs de larmée
soupçonnés dentretenir des liens avec lopposition
irakienne à létranger.
Le 17 mars, une révolte populaire se déclenche dans le sud
de lIrak, immédiatement réprimée par des exécutions
sans jugement dès la fin mars 1999. En octobre, sont exécutés
5 habitants de Karbala, 101 personnes à Abu Ghreb, puis lécrivain
Hamid al Mukhtar et 3 officiers au camp dAl Rashid(5).
- 2000
La peine de mort a continué dêtre largement appliquée
pour plusieurs centaines de personnes, notamment des officiers de larmée,
des chiites soupçonnés dactivités antigouvernementales.
Ainsi, en février, sont exécutés 21 prisonniers politiques
à Bagdad, puis 43 personnes (30 accusés de vol, 2 pour trafic
de drogue et 11 pour affiliation politique à lopposition)
et 38 officiers(13).
Le 9 mars, 58 prisonniers détenus dans le quartier des condamnés
à mort sont exécutés, dont 14 pour motifs politiques,
les autres pour crimes de droit commun(12).
En avril, la peine de mort est appliquée pour 223 personnes dont
46 condamnés pour motifs politiques puis en mai, pour un habitant
de Kirkouk, condamné à mort pour avoir insulté le
président de lIrak, en juillet, pour 7 employés du
département central dinformatique et en septembre, pour 3
officiers de la garde républicaine.
Depuis octobre 2000, plusieurs dizaines de femmes accusées de prostitution
ont été décapitées
En décembre, le nettoyage de prison aurait causé la mort
à Abu Ghreb de 1000 personnes, qui feraient partie des 3000 personnes
détenues depuis le soulèvement de 1991.(11) Rapport du rapporteur
spécial des Nations Unies, A/49/651.
(12) Rapport du rapporteur spécial, E/CN.4/1999/37.
(13) Rapport du rapporteur spécial, A/55/294, avril 2000
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