Dans une déclaration à la Nation à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fitr, le 20 août dernier, Yahya Jammeh, le président gambien, a annoncé que tous les détenus condamnés à mort en Gambie seront exécutés en septembre. « Il n'est pas question que mon gouvernement permette que 99% de la population soit prise en otage par des criminels", avait-il expliqué.
La France a tout de suite condamné avec la plus grande fermeté la décision de Yahya Jammeh et l’a exhorté à maintenir son moratoire de fait « en vue d’une abolition définitive, et à ne pas procéder à l’exécution de ces condamnés à mort », a précisé dans une déclaration le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vincent Floreani. « Elle demande également à la Gambie de commuer toutes les condamnations à la peine de mort en peines de détention », a-t-il ajouté, en rappelant qu'aujourd'hui 139 États sont abolitionnistes ou ont adopté un moratoire de fait. » « Nous ne devons pas ralentir nos efforts en vue d'une abolition universelle et définitive de la peine de mort », a-t-il insisté.
D'après l'AFP, depuis juillet 2010, 47 personnes au total ont été condamnées à mort dans le pays, incluant d'anciens responsables sécuritaires. Des sources judiciaires ont indiqué que le chiffre est nettement plus élevé, sans toutefois le préciser. La dernière exécution d'un condamné à mort en Gambie remonte à 2007.