Coordinateur de la Coalition tunisienne contre la peine de mort, Habib Marsit est né le 23 février 1948 à Kebili au sud de la Tunisie. Poursuivant des études littéraires et en psychologie, M. Marsit milite très tôt au sein du mouvement étudiant tunisien puis syndical contestant le musellement de l’opinion publique imposé par le Bouguibisme depuis la fin des années cinquante. Cet engagement lui vaudra plusieurs séjours en prison en 1970, 1972, 1973 et 1978. Détenu à plusieurs reprises pour appartenance à des mouvements clandestins, il sera durement torturé sur des périodes allant de quelques mois à une année.

Lors de sa deuxième arrestation, M. Marsit cohabite avec les détenus enfermés dans le couloir de la mort. Cette expérience qui lui a ouvert les yeux sur la réalité de la vie des condamnés à mort. C’est particulièrement l’attente de la mort qui l’a marqué. En effet, il se souvient encore de l’angoisse ressentie par les détenus chaque matin à l’arrivée des geôliers. Il a par ailleurs découvert et apprécié le travail d’Amnesty international qui s’occupait d’envoyer des lettres régulières aux condamnés.

Si avant son séjour pénitencier M. Marsit considérait la violence insurrectionnelle comme naturelle, cette expérience le transforma. Ainsi s’est opérée, selon les dires de l’intéressé, une mutation du révolutionnaire au militant des droits de l’homme. Dès lors, il participa avec d’autres anciens camarades à la fondation de la section tunisienne d’Amnesty international en 1981, dont l’existence devint légale en 1988 et s’engagea pleinement dans la diffusion et la défense des valeurs et de la culture des droits de l’Homme.

Dans ce contexte, l’abolition de la peine de mort faisait partie des objectifs fondamentaux du bureau d’Amnesty international. C’est ainsi que plusieurs actions ont été réalisées pour encourager l’abolition comme par exemple les campagnes de sensibilisation chaque 10 octobre. Ancien président d’Amnesty international Tunisie, M. Habib Marsit s’occupe aujourd’hui des actions de la Coalition tunisienne contre la peine de mort.

Yasmine Kacha