Le cabinet d’avocat anglais REPRIEVE et ECPM lancent une campagne visant à mobiliser aussi bien les pouvoirs publics, les laboratoires pharmaceutiques que l’Union européenne sur l’incroyable précédent qu’aura été le cas Landrigan en Arizona en octobre 2010, mis à mort grâce à du thiopental sodique importé d'Europe.

En effet, il s’avère maintenant certain que les doses de thiopental sodique fournies à l’État d’Arizona afin de palier la pénurie d'approvisionnement de ce produit sur quasi l’ensemble du territoire américain, provient bien d’Europe.

Tout comme le médecin, dont l'activité est dévolue à la préservation de la vie, et ne doit pas participer à quelque exécution que ce soit, les entreprises pharmaceutiques doivent également s’engager dans cette lutte internationale contre l’utilisation de produits et médicaments censés sauver et guérir et non afin de torturer et tuer des êtres humains.

C’est en ce sens et dans le cadre de la démarche européenne sur le chemin de l’abolition universelle que le Conseil des ministres européen a adopté le 27 juin 2005 un règlement européen n°1236/2005 prohibant l’exportation de produits destinés à être utilisés dans des exécutions. La peine capitale est une violation du droit à la vie, droit fondamental inscrit dans l’article 2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Il s’agit donc d’interpeller les laboratoires pharmaceutiques afin qu’ils se positionnent publiquement contre ces utilisations inadmissibles par certains États américains du thiopental sodique dans leur cocktail chimique, en déclarant officiellement et publiquement leur opposition à l’utilisation de médicaments fabriqués ou vendus par leur compagnie pour l’exécutions de prisonniers ; mais également d’approuver un contrôle européen renforcé sur les exportations de produits pharmaceutiques pouvant être utilisés pour les exécutions capitales aux Etats-Unis.

Nous devons également interpeller nos gouvernements pour que leurs voix se fassent entendre et qu’avec l’Union européenne ils réaffirment haut et fort que le règlement européen (CE) n° 1236/2005 «concernant le commerce de certains biens susceptibles d’être utilisés en vue d’infliger la peine capitale, la torture ou d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradant», est plus que jamais d’actualité.

L’ensemble des acteurs abolitionnistes européens doit se mobiliser ensemble afin de rappeler ces engagements. En Italie, l’association Hands of Cain et la communauté de Sant’Egidio ont déjà interpellé le gouvernement italien. Au Royaume Uni, le secrétaire d’État au commerce extérieur, Vince Cable, a décidé in fine, suite à la pression des organisations abolitionnistes, d’imposer un contrôle sur les exportations de thiopental sodique vers les États-Unis.

Raphaël Chenui-Hazan