L’Iran fait partie des premiers bourreaux du monde. Avec en 2009, près de 300 exécutions le pays est placé au deuxième rang des États qui exécutent le plus juste derrière la Chine. Rapporté à sa population, le pourcentage d’exécutions est égal voire supérieur à celui de la Chine. Selon les observateurs internationaux, il y aurait actuellement une « hausse alarmante » des pendaisons et des condamnations à mort, notamment des manifestants et opposants politiques à la suite des élections controversées du 12 juin 2009. L’Iran est un des rares pays au monde où la peine capitale progresse encore. Le 12 juillet dernier, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) a lancé une campagne Spéciale Iran pour dénoncer la réalité de la peine capitale au pays des Mollahs en organisant une conférence de presse au Grand Palais en présence de Monsieur Kianoush Ramezanie, caricaturiste et journalise en exil, de Monsieur Dawud Azadfar, porte-parole de l’association «Démocratie et droits de l’homme au Kurdistan» et de Maitre Khalil Bahramian, avocat spécialiste des droits des l’homme.

Aujourd’hui, ECPM estime qu’il y a plus que jamais urgence à dénoncer et à mobiliser. Par cette campagne, nous lançons un cri d’alerte à la Communauté internationale, aux médias et aux gouvernements, pour qu’ils continuent à se mobiliser avec nous pour dénoncer les violations des droits les plus fondamentaux et ne pas faire passer ce combat au second plan.

Plus de 120 personnes ont déjà été exécutées cette année. Actuellement, plus de 15 prisonniers politiques de la minorité kurde ont été condamnés à mort et risquent d’être exécutés à tout moment. La répression politique frappe fort en Iran, mortellement ! Depuis l’accession au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad, le nombre d'exécution recensé est passé de 86 en 2005 alors qu'il prenait ses fonctions, à 346 en 2008 et près de 400 en 2009.

Hier c’est Behnoud Shojaie et Reza Haddadi, jeunes mineurs iraniens de 17 et 15 ans qui étaient exécutés ; demain ce sera peut-être, si la Communauté internationale ne réagit pas, Zeinab Jalalian, jeune femme prisonnière politique, qui ira rejoindre le funeste décompte des 120 personnes exécutées rien que pour l’année 2010 !!!!

Le combat contre la peine de mort en Iran est un combat qui tient particulièrement à cœur à notre association, Ensemble contre la peine de mort. Dans ce pays multiethnique, riche de culture et de 7000 ans d’histoire, la peine de mort devrait déjà appartenir au passé, son instrumentalisation à des fins politiques est inadmissible !

ECPM souhaite rester mobilisé pour l’Iran et augmenter sa vigilance. Nous sommes en train de déterminer les moyens d’action et les différentes pistes possibles pour intervenir, notamment par les voies diplomatiques, la sensibilisation l’information via nos publications et en collaboration avec nos partenaires en Iran.

Nos amis Iraniens présents lors de la conférence de presse sont les témoins directs de ce qui se passe en Iran, de ces actes de violence et de barbarie perpétrés dans les couloirs de la mort. Ils les ont observés et dénoncés comme Kianoush Ramezani, caricaturiste et journalise en exil et Dawud Azadfar, porte-parole de l’association «Démocratie et droits de l’homme au Kurdistan» ; ils se battent contre, comme maître Khalil Bahramian, avocat spécialiste des droits des l’homme ; et ils l’ont même vécue, comme Saba Nasri qui pour la première fois a témoigné des conditions de détention dans les couloirs de la mort iranien. La force de leur témoignage est extraordinaire et parle d’elle-même.