Iran : la peine de mort en question
La semaine pour exiger des réponses

Moins d’une semaine après la pendaison d’une jeune iranienne condamnée à mort, le Conseil des Droits de l’homme des Nations unies examinera la situation des droits de l’homme en Iran. Reyhaneh Jabbari, 26 ans a été accusée, puis condamnée à la peine capitale, pour le meurtre d’un homme qui l’avait selon elle agressée sexuellement. Elle a été pendue samedi matin. Malgré les sérieux doutes sur l’équité du procès. Une exécution qui a provoqué l’indignation de plusieurs pays, notamment des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.

En 2010, le gouvernement iranien avait promis au Conseil des Droits de l’homme de respecter les prescriptions du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) au sujet de la peine de mort. Qu’en est-il 5 ans après? L’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM) s’est mobilisée aux côtés de ses partenaires pour que la communauté internationale exige davantage de mesures effectives de la part des autorités iraniennes. Elle a ainsi appuyé le lobbying de la Coalition mondiale et du réseau Impact Iran auprès des membres du Conseil à Genève et leur a adressé un courrier appelant ces derniers à mettre la peine de mort au cœur de leurs interventions auprès de l’Etat iranien à l’ONU. La veille de la pendaison de Reyhaneh Jabbari, ECPM leur a rappelé que l’Iran reste le premier pays au monde en termes d’exécutions per capita, c’est-à-dire rapporté au nombre de ses habitants. Que l’Iran reste aussi un des rares pays au monde à condamner à mort des mineurs et à pratiquer des exécutions publiques. Enfin, que malgré ses promesses, l’Etat iranien continue à maintenir l’opacité de son système judiciaire.

« Malgré nos espoirs qui ont accompagné l’élection à la présidence de la République islamique d’Iran d’Hassan Rohani le 14 juin 2013, nous constatons que le nombre d’exécutions reste effrayant. Le dernier exemple est la pendaison de Reyhaneh Jabbari, justifiée par la loi du talion et une politique pénale qui banalise toujours l’utilisation de la peine de mort », analyse Nicolas Braye, responsable du projet Moyen-Orient et Afrique du Nord (MONA) d’ECPM.

Vendredi prochain, au moment même où les membres du Conseil des Droits de l’homme des Nations unies à Genève examineront la situation des droits de l’homme en Iran, ECPM publiera sur son site www.abolition.fr son deuxième opus des Cahiers de l’abolition, intitulé Iran : la peine de mort en question. Un ouvrage inédit qui rassemble les analyses de spécialistes parmi les plus reconnus sur la situation de la peine de mort en Iran. Parce qu’il est nécessaire de faire la lumière sur la réalité de l’application de la peine capitale pour mieux la dénoncer et la combattre.

Desislava Raoul, responsable communication d’ECPM

Lire aussi :

Rapport annuel sur la peine de mort en Iran 2013 : http://www.abolition.fr/wp-content/uploads/archives/rapport_iran_2014-fr-120314-…

Vidéo Réseau impact Iran : https://www.youtube.com/watch?v=2_adP6Pvg0w