Le 19 et le 20 janvier dernier, Joaquin José Martinez de nationalité espagnole et ancien condamné à mort de Floride, innocenté en 2003, est venu à la rencontre des élèves du lycée Jean Ronsard de Villepinte et des Collèges Jacques Jorissen et Edouard Manet de Drancy et de Villeneuve La Garenne.
Les élèves de ces collèges et lycée ont en effet bénéficié d’une intervention de sensibilisation menée par Ensemble contre la peine de mort dans le cadre de son projet « Eduquer aux droits de l’homme et à l’abolition de la peine de mort ».
Dans ce cadre, ils ont d’abord pu assister à une des représentations théâtrales de la « Fabryk », troupe semi-professionnelle engagée dans la sensibilisation sur les droits de l’homme, ayant créé deux spectacles permettant d’aborder le sujet de la peine de mort grâce à une approche artistique originale consistant à des lectures jouées permettant aux spectateurs de rester ancrés dans la réalité dénoncée.

Le spectacle C’est combien d’années la perpétuité ? a ainsi permis aux 170 élèves du collège Jacques Jorissen de se familiariser avec le témoignage d’Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort libanaise, innocentée après 5 ans et demi d’incarcération et de réaliser l’angoisse que représente l’attente dans les couloirs de la mort.

Le spectacle Loi 908-81 article 1 : la peine de mort est abolie a, quant à lui, permis aux 80 élèves du collège Jacques Jorissen de vérifier, à travers un voyage dans l’histoire abolitionniste française, que les arguments en faveur de l’abolition sont restés inchangés jusqu’à aujourd’hui.

La situation internationale de la peine de mort a ensuite été évoquée au moyen d’une carte du monde différenciant les pays rétentionnistes, abolitionnistes de fait et abolitionnistes de droit. Grâce à cela, les élèves ont découvert quels étaient les pays qui exécutent le plus, les différentes méthodes d’exécution utilisées ainsi que les principales problématiques inhérentes à chaque région ciblée (Chine, Japon, Iran, Afrique, Amérique du Sud et États-Unis). Ils ont également été informés sur les perspectives abolitionnistes de ces régions.

Enfin, Joaquin José Martinez a témoigné de son vécu douloureux avec beaucoup d’émotion et de simplicité. Captivés par ce récit de vie particulièrement fort, les élèves ont eu la chance de comprendre par eux-mêmes les mécanismes qui peuvent conduire dans les couloirs de la mort aux États-Unis. Ils ont été particulièrement choqués d’apprendre comment les preuves avaient été manipulées pour conduire à la condamnation à mort de ce citoyen espagnol. Joaquin José Martinez a longuement insisté sur le fait qu’il serait peut-être encore dans les couloirs de la mort s’il n’avait pas bénéficié d’un soutien exceptionnel de la communauté internationale et espagnole. Il a rappelé qu’il témoignait pour ses amis qui y ont perdu la vie sans que personne ne puissent connaître la réalité de leur vécu. En conclusion de son témoignage, Joaquin a confié qu’il comprenait, après que son père ait été accidentellement tué, le sentiment d’injustice terrible et le besoin de vengeance des victimes mais a insisté sur la nécessité du pardon.

Les élèves de ces établissements scolaires ont exprimé une grande compassion pour Joaquin et resteront, c’est certain, marqués par cette rencontre.