Les autorités japonaises ont pendu le 10 avril quatre condamnés à mort pour meurtre, dont l'un avait exprimé ses remords à travers la poésie. Une nouvelle série qui dénote une accélération du rythme des exécutions au Japon.

Ces pendaisons portent à vingt le nombre d'exécutions dans le pays depuis le 25 décembre 2006 et la rupture d'un moratoire de facto de quinze mois, appliqué en raison des convictions abolitionnistes du ministre de la Justice de l'époque, Seiken Sugiura.

Pas moins de dix exécutions ont été signées depuis l'arrivée en août de l'actuel ministre Kunio Hatoyama, un fervent partisan de la peine capitale. Seul grand pays industrialisé à pratiquer la peine de mort, avec les Etats-Unis, le Japon a pratiqué la pendaison ces derniers mois à un rythme inconnu depuis 1993, date de la reprise des exécutions après trois ans de pause. Les enquêtes d'opinion donnent une écrasante majorité (81% en 2005) en faveur du maintien de la peine capitale. Mais ce ne fut pas toujours le cas : l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, en 1995, a semble-t-il joué un rôle important dans le durcissement de l'opinion.

Par ailleurs, la radio japonaise Nippon Culture Broadcasting, va diffuser prochainement un reportage datant de 1955 retraçant dernières heures d’un condamné à mort à la pendaison. Selon le ministère de la justice, à ce jour, aucune image ou son d’une exécution n’a été diffusée dans l’archipel. Il s’agit donc d’une première. Le reportage sera diffusé le 6 Mai prochain. Il s’agira de découvrir les derniers moments de ce condamné emprisonné à Osaka. On pourra l’entendre converser avec l’un de ses bourreaux.

Pour Katsuhiko Shimizu, directeur des programmes de la station radio,

“Les japonais sont ignorants des conditions dans lesquelles on exécute les condamnés. Nous voulons leur donner la possibilité de se faire leur propre opinion à travers ce reportage et peut-être les sensibiliser sur ce que représente la peine de mort.”

Antoine Deshusses