à l’initiative d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM), en partenariat avec le Conseil national des Barreaux, le ministère français des Affaires étrangères et l’Organisation internationale de la Francophonie, plus d’une centaine de jeunes se sont retrouvés à Paris le 10 octobre pour la Journée mondiale contre la peine de le mort : deux classes de troisième du collège Edouard-Manet de Villeneuve-la-Garenne, des étudiants de la Sorbonne, la promotion du Master Droits de l’homme et Droit humanitaire d’Evry-Val-d’Essonne, ainsi qu’une dizaine de jeunes engagés dans les associations partenaires d’ECPM basées au Maroc, en Tunisie, au Liban et au Cameron.

Débats et témoignages

En début de matinée, les jeunes ont pu entendre les interventions des représentants du Conseil national des Barreaux et du ministère français des Affaires étrangères qui ont présenté le rôle des avocats et des diplomates pour l’abolition de la peine de mort. La directrice adjointe d’ECPM, Ariane Grésillon, a ensuite pris la parole pour souligner l’importance de l’engagement associatif comme acte citoyen. C’est une étudiante libanaise, Marianne Ghattas, qui a conclu ses premiers échanges en faisant part de son vécu de militante. « Aujourd’hui, je me tiens ici toute fière, a-t-elle confié à l’auditoire. Ce tout petit pays qui souffre de tant de complications et de violences multiples, depuis sa création et notamment ces dernières années… Ce pays vient de changer de "couleur" sur la carte mondiale de la peine de mort : le Liban n’est plus "rouge" il devient "jaune" suite au moratoire de fait préservé depuis 2004 ! Je suis fière d’être devenue membre actif de cette lutte abolitionniste. » (Discours de Marianne Ghattas) .

Après ce discours émouvant, les jeunes ont participé avec enthousiasme à un jeu de questions/réponses sur l’utilisation actuelle de la peine de mort dans le monde et ont ainsi affiné leurs arguments abolitionnistes. « Les jeunes et notamment les collégiens avaient été très bien préparés par leurs enseignants et savaient déjà tout ! », a pu constater avec plaisir Marianne Rossi. « Je me suis presque retrouvée au chômage technique ! », plaisante la responsable du programme Éduquer à l'abolition à ECPM.

C’est ensuiste le cas des États-Unis qui a été précisément détaillé par la militante d’ECPM, Sandrine Ageorges-Skinner, mariée au condamné à mort américain Hank Skinner. Curtis McCarty a alors pris le relais. Cet ancien condamné à mort dans l'État de l'Oklahoma a témoigné pendant près d’une heure et a répondu aux très nombreuses questions des jeunes. « Ce témoignage a vraiment été au centre de la journée et a marqué les esprits pour longtemps, c’est certain ! », souligne Marianne Rossi.

Ateliers et jeux de rôles

L’après-midi a été consacré aux ateliers. Une classe de troisième a reconstitué le vote du moratoire aux Nations unies, sous la houlette de l’ambassadrice aux droits de l’homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay. Les collègiens, qui avaient préparé minutieusement la simulation en amont, se sont pris au jeu des négociations. Un vrai succès ! De son côté, l’autre classe de troisième a reconstitué le procès Ranucci. Là encore, les jeunes se sont pleinement investis et le jury a délibéré en faveur de l’acquittement de Ranucci en raison des doutes qui subsistaient dans l’affaire. « Au début du délibéré, les jeunes s’étaient prononcés pour la culpabilité mais aucun d’eux ne voulait prononcer la peine de mort », se permet de préciser Marianne Rossi. Quant aux étudiants, ils ont réfléchi aux moyens d’action qu’ils pouvaient mettre en œuvre pour convaincre ceux de leur génération à rejoindre le mouvement abolitionniste. Encadrés par l’avocat Pascal Créhange, ainsi que par Agnès Brulet, administatrice d’ECPM, et Maria Donatelli, directrice de la Coalition mondiale contre la peine de mort, ils ont fait de belles propositions, originales et ludiques, telles que l’animation d’une émission de radio ou la création de pièces de théâtre.

Cette riche journée s’est terminée au quai d’Orsay avec la participation du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de l’ancien garde des Sceaux, Robert Badinter. Cette soirée de clôture a été aussi l’occasion pour ECPM de lancer officiellement la deuxième édition du concours de dessin « Dessine-moi l’abolition ».