Ce mercredi avant l’aube, la Jordanie a pendu deux jihadistes irakiens, Ziad Karbouli, responsable irakien d'Al-Qaïda, et Sajida al-Rishawi, condamnée à mort pour des attentats meurtriers en 2005 à Amman.

Ces exécutions ont été décidées en représailles à l’exécution par le groupe Etat Islamiste (EI) d’un pilote jordanien, Maaz al-Kassasbeh, retenu en otage depuis décembre 2014, après avoir participé aux frappes de la coalition internationale contre EI. Il a été brûlé vif dans une cage. Les jihadistes exigeaient la libération de leur partisane Sajida al-Rishawi.

Conscient que la Jordanie fait face à un défi sécuritaire considérable avec l’expansion de l’Etat islamique, et du choc provoqué par la mise à mort effroyable de Maaz-al Kassabeh, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) rappelle que la peine de mort n’a aucun effet dissuasif et que les exécutions judiciaires ne peuvent qu’alimenter le cycle de la violence. « La peine de mort est clairement utilisée ici par l’Etat jordanien comme un outil de vengeance. Les meurtriers de Maaz-al Kassasbeh doivent être traduits en Justice car il n’y a pas de place pour la vengeance dans la Justice» déclare Raphaël Chenuil-Hazan, Directeur général d’ECPM.

ECPM demande aux Etats européens de rappeler aux autorités jordaniennes, qui sont un allié majeur dans le cadre de leur lutte contre l’Etat Islamique, que la réaction à la menace doit être guidée par le respect du droit international des droits de l’homme et du droit humanitaire.