L’implication d’ECPM autour de la Journée mondiale a pris une ampleur internationale. En effet, nous avons participé et/ou organisé de très nombreux événements internationaux en collaboration avec nos partenaires.

La Journée mondiale commence en amont autour du lobbying international
Le 27 septembre, quelques jours avant le lancement par la France de la Campagne française en faveur de l’abolition universelle, La France a co-organisé avec le Bénin une réunion de haut niveau à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, avec la présence de Laurent Fabius et son homologue béninois, Nassirou Arifiri Bakoe. Plus de vingt ministres des Affaires étrangères et secrétaires d’État ont pu intervenir sur le sujet. Une quarantaine de pays étaient représentés.
De grandes personnalités engagées en faveur des droits de l’homme et de l’abolition de la peine de mort ont participé comme intervenants d’honneur. ECPM était de ceux-là, en la personne de son directeur général, Raphaël Chenuil-Hazan. D’autres personnalités étaient présentes, comme Navanethem Pillay, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. Le thème de cette réunion ministérielle était "La peine de mort : du moratoire à l’abolition". En lien avec les Nations Unies et la société civile, cet événement visait à encourager le plus grand nombre d’États à franchir le pas décisif entre le moratoire de fait et l’abolition en droit afin de mettre un terme définitif à cette pratique cruelle et inhumaine.

La participation, le 8 octobre, de Raphaël Chenuil-Hazan à la réunion annuelle des membres de la Commission internationale contre la peine de mort.
Ses membres illustres étaient présents tels que Robert Badinter, Mohamed Bedjaoui, Bill Richardson, Ibrahim Najjar, Ruth Dreyfuss, Michèle Duvivier, Rodolfo Matarolo). Etaient également présent à cette réunion : EEAS, OSCE, CoE, AI, Reprieve, DPF, Death Penaly Project, PRI, MVFHR, ADPAN et l’illustre Professeurde l’Université D’oxford, Sir Roger Hood. Il s’agissait d’entamer un dialogue consrtuctif entre la Commission internationale et la société civile.


En Jordanie : Conférence, débat et lobbying
ECPM a organisé avec l’ambassade de France une conférence à la faculté de droit de l’Université de Jordanie à Amman devant plus de 300 étudiants dont, c’est notable, une soixantaine d’étudiantes de la faculté d’étude de la Charia. Un concours de plaidoirie de grande qualité, organisé avec les étudiants, a permis d’installer le débat en profondeur et ainsi d’aborder l’ensemble des sujets polémiques: place de la peine de mort dans la Charia, innocence, lutte contre la criminalité, etc. M. Tariq M. Hammouri, doyen de la faculté de droit, au départ assez réticent et prudent en est ressorti ébahi et enthousiaste. L’expérience sera à coup sûr renouvelée. A moins que la prochaine invitation ne vienne des étudiantes en droit islamique de la faculté voisine !

ECPM a ensuite animé un déjeuner-débat à l’ambassade de France regroupant une trentaine de personnalités jordaniennes : juges, avocats, hommes politiques, fonctionnaires du ministère de la Justice, experts, activistes. A l’issue du déjeuner, ECPM a participé à une réunion de travail avec six associations locales souhaitant relancer la Coalition jordanienne contre la peine de mort. ECPM a terminé ses actions en Jordanie, par une projection du film Honk!, suivi d’un débat à l’Institut français d’Amman, montrant l’universalité du débat sur la peine de mort que ce soit aux États-Unis ou en Jordanie.

Palestine : Renforcer les militants abolitionnistes
Une mission d’ECPM a rencontré le ministre de la Justice afin d’aborder avec lui la situation de la peine de mort en Cisjordanie. Mahmoud Abbas s’est engagé depuis quelques années à observer un moratoire. Il faut maintenant l’aider à avancer en direction d’une abolition formelle.
Rencontre activistes palestiniens sur la peine de mort.
Séance de formation auprès de jeunes volontaires palestiniens : il s’agit pour ECPM d’appuyer les acteurs locaux via des réseaux de militants formés et engagés.


Irak : Pour la première fois on parle de peine de mort
Pour la première fois un séminaire est organisé à Bagdad à l’initiative d’ECPM. Cette expérience fut une réussite complète. Avec l’appui de la coopération suédoise et britannique, et en partenariat avec l’Institut français de Bagdad, la Coalition irakienne contre la peine de mort, coordonnée par M. Nasser Abood, a organisé cet événement regroupant une trentaine d’activistes et deux médias locaux. Outre d’être présent dans un des pays qui exécutent le plus au monde, cette action va permettre de rencontrer de nouveaux partenaires irakiens et d’identifier les besoins et les stratégies. Ce séminaire n’est pas passé inaperçu puisque M. Ali al-Dabbagh, porte-parole du gouvernement iraquien a déclaré, après cet événement, que « toute personne condamnant la peine de mort se rendait coupable de complicité envers le terrorisme ». La situation dans ce pays reste chaotique et extrêmement difficile pour nos partenaires qui risquent leur vie pour l’abolition.

RDC : la voix de l'abolition s'est fait entendre
En Afrique aussi ECPM n’a pas manqué l’occasion de la tenue exceptionnelle du Sommet de la Francophonie à Kinshasa pour faire parler la voix de l’abolition. Ainsi, ECPM et la Culture pour la Paix et la Justice (CPJ ) du célèbre avocat Liévin Ngondji, ont organisé une conférence de presse en marge du Sommet. De nombreuses personnalités politiques ont participé et ont donné par leur présence une forte valeur au message. Nous avons eu l’honneur de compter sur la présence de M Bako-Arifari, ministre des Affaires étrangères du Bénin, Monsieur Raphaël Nyabirungu, chef de cabinet de Madame Wivine Mumba, ministre de la Justice de RDC, Monsieur Hugo Saada, délégué aux Droits de l’homme et à la Démocratie à l’Organisation internationale de la Francophonie. Madame Yamina Benguigui, ministre de la Francophonie et des Français de l’étranger a dû annuler en dernière minute.
ECPM, la Coalition d’Afrique centrale et la CPJ ont envoyé un message clair aux nombreux chefs d’État participants au Sommet. Il s’agit pour les États membres de l’OIF :
– De voter en faveur du moratoire à l’ONU
– De déclarer le 10 octobre comme Journée internationale de la francophonie contre la peine de mort
– D’engager un processus abolitionniste dans chacun des États membres
– De condamner la reprise des exécutions en Gambie et de demander une relocalisation de la Commission africaine des droits de l’homme

Maroc : sit-in
A l’occasion de la Journée mondiale, la Coalition marocaine contre la peine de mort a organisé deux sit-in, l’un devant le Parlement de Rabat, et l’autre devant le siège de la Wilaya (Préfecture) de Casablanca. 150 personnes étaient présentes pour dénoncer l’horreur de la peine de mort.
La veille, la Coalition marocaine contre la peine de mort avait organisé une conférence de presse à Rabat, en présence du Bâtonnier Abderrahim Jamai (coordinateur de la CMCPM), M.Znaidi coordinateur adjoint, de la représentante de la Fondation Friedrich Ebert, de Mme Nouzha Skalli, parlementaire et de M.Abdellatif Laabi, grand poète et écrivain marocain. Enfin, la Coalition marocaine contre la peine de mort a envoyé un mémorandum au ministère des Affaires étrangères marocain afin de demander que le Maroc vote favorablement la résolution des Nations Unies visant à instaurer un moratoire universel sur la peine de mort.

France : projection de Honk!
ECPM a enfin célébré la Journée mondiale contre la peine de mort en France, en organisant en partenariat avec le barreau de Paris, une projection du film Honk ! focalisé sur la peine de mort aux États-Unis. Un public de 300 personnes a pu visionner ce film au sein de l’auditorium de la Maison du barreau de Paris puis débattre avec Sandrine Ageorges-Skinner, membre d’ECPM, Arnaud Gaillard et Florent Vassault, réalisateurs de Honk !.

Raphaël Chenuil-Hazan