Au Maroc, cette énergie positive se fait bien sentir. La dynamique abolitionniste e été même le sujet central de très nombreuses discussions lors du deuxième Forum mondial des droits de l’Homme à Marrakech. « Nous nous félicitons du débat, autour de la peine de mort, mené à l'initiative de la société civile, et de nombreux parlementaires et juristes. Il permettra la maturation et l'approfondissement de cette problématique ». C’est un extrait du message de Mohammed VI lu à l’ouverture du Forum par le ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid. Et c’est un événement inédit. Pour la première fois, le Roi fait directement référence à la peine de mort dans un discours.

« Cela peut changer la donne, ce message laisse entrevoir des espoirs d’avancées concrètes dans les prochaines années », analyse Nicolas Perron, directeur de programmes d’ECPM, après en avoir discuté avec ses partenaires de la Coalition marocaine contre la peine de mort et du Réseau parlementaire marocain contre la peine de mort.

Direction ensuite Rabat qui accueille l’atelier de travail « Les parlementaires et l’abolition de la peine de mort dans la région MONA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) », organisé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et le Réseau parlementaire marocain contre la peine de mort. Oui, la dynamique abolitionniste marocaine est bien présente dans la capitale aussi, quand le parlement ouvre ses portes pour recevoir des députés de plusieurs pays de la région MONA qui souhaitent réfléchir ensemble sur leur rôle contre la peine de mort. Ils arrivent d’Algérie, du Bahreïn, de Jordanie, du Maroc, de la Mauritanie, de Tunisie, d’Irak et du Yémen. Leur objectif commun est ambitieux : être efficace dans la préparation du vote de la résolution des Nations unies relative à l’application d’un moratoire universel sur les exécutions. Certains pourront directement interpeler leurs autorités respectives. Leurs homologues marocains s’appuieront forcément sur le message du Roi pour demander au gouvernement d’appliquer en pratique « l’approfondissement de la problématique » abolitionniste. Un message explicite et un nouvel élan incompatibles avec la cinquième abstention du Maroc lors du vote sur le moratoire aux Nations unies.

La belle dynamique marocaine devrait motiver d’autres pays de la région MONA. Le Réseau parlementaire marocain contre la peine de mort rassemble déjà plus de 240 députés. «Leur analyse du chemin parcouru et les perspectives devant le Réseau seront dans les mois à venir des repères essentiels pour les autres députés abolitionnistes de la région », se félicite Nicolas Perron.

Desislava Raoul, Responsable communication d’ECPM