Gouverneur de l’Etat d’Oregon, et médecin de profession, John Kitzhaber a annoncé lors d’un discours mardi 22 novembre dernier, qu’il n’autoriserait plus de nouvelle exécution. Ce grand État du nord-ouest des États-Unis rejoint officiellement les 24 États abolitionnistes de fait et de droit du pays, le gouverneur déclarant un moratoire sur les exécutions jusqu’à la fin de son mandat.
L’Etat d’Oregon a une « longue et turbulente histoire avec la peine capitale » a rappelé le gouverneur. Plusieurs fois abrogée et remise en vigueur, la peine de mort avait été déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême d’État en 1981 ; puis, suite à un vote populaire, restaurée en 1984.

Utilisée deux fois durant les 49 dernières années, les dernières exécutions de 1996 et 1997, ont été pratiquées durant le premier mandat de John Kitzhaber (1995 -2003). Lors de ce précédent mandat et « mettant de côté ses positions personnelles pour respecter son serment envers la Constitution de l’Oregon », ce dernier ordonna les exécutions de deux condamnés, dits volontaires pour cette sentence.
Aujourd’hui de nouveau face à ce choix, John Kitzhaber a révélé son aspiration abolitionniste et par la même encouragée celle de l’État d’Oregon, aujourd’hui 9ème État abolitionniste de fait des États Unis. A ce titre, le gouverneur a déclaré qu’« il ne pourrait pas participer une fois de plus à quelque chose qu’il considère comme moralement mal ». Les « exécutions n’ont pas amélioré la sécurité », ajoute-il. Cette pratique ne fait pas de la population « une société plus noble », mais « est une perversion de la justice », estime-t-il enfin.

De moins en moins d'Etats américains ont recours à la peine capitale. L'Illinois l'a retirée l'an dernier de son arsenal judiciaire, suivant le New Jersey et le Nouveau-Mexique, tandis que 34 États la maintiennent en droit, bien que seuls 12 en aient fait usage en 2010. Un total de 46 exécutions a eu lieu l'an dernier, soit la moitié du chiffre atteint 10 ans plus tôt. Le nombre de peines de mort prononcées, 110, représente le tiers de celles du début des années 1990. Le mouvement abolitionniste est lancé aux États-Unis, et les grands États rétentionnistes, tels le Texas, subiront peut être l’influence grandissante de cette avancée des droits humains.

Amina Jacquemin