Navanethem Pillay, aujourd’hui Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, est née le 23 Septembre 1941 en Afrique du Sud, d’une famille indienne, d’origine tamoule. Vivant dans un pays où l’apartheid a toujours cours, elle devient en 1967, la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat, ce qui lui donnera l’occasion de défendre des activistes anti-apartheid, de dénoncer l’utilisation de la torture par les forces de police et les conditions de détention des prisonniers politiques. A cette occasion, elle gagnera même le droit pour les détenus politiques emprisonnés à Robben Island (dont Nelson Mandela) d’avoir accès à leurs avocats.

Co-fondatrice du bureau du Conseil pour les victimes de viol, elle co-fonde en 1992, le groupe international pour les droits de la femme Equality Now. La défense des droits des femmes marque d’ailleurs l’ensemble de sa carrière ; en tant que juge au Tribunal pénal pour le Rwanda, elle s’était distinguée dans le procès Akayesu qui a établi que le viol et les agressions sexuelles peuvent constituer un acte de génocide.

Le 24 juillet 2008, l’Assemblée générale des Nations unies l’a nommé Haut-Commissaire aux droits de l’homme pour un mandat de quatre ans. Son poste vient d’être renouvelé pour deux ans, soit 2014. Dès le début de son mandat en tant que Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Navanethem Pillay a clairement affiché son opposition à la peine capitale en toutes circonstances. Maintes fois elle a condamné la recrudescence des exécutions en Iran ou bien encore récemment, la reprise des exécutions en Gambie. Ces derniers jours, cette abolitionniste convaincue a évidemment pris position sur le cas de cette étudiante violée en Inde, en déclarant qu’il est maintenant temps que l’Inde renforce son régime juridique contre le viol pour lutter contre ce phénomène qui touche des femmes de toutes les classes et castes, tout en indiquant que la peine de mort n’est pas la solution.

Lors du dernier Congrès mondial contre la peine de mort organisé à Genève en 2010, Navanethem Pillay avait réaffirmé la primauté du droit à la vie et de la dignité humaine pour exhorter les 58 pays qui continuent à pratiquer la peine capitale à l’abolir en toutes circonstances.

ECPM souhaite aujourd’hui rendre hommage à ce défendeur infatigable des droits de l’homme, dont la voix porte l’abolition de la peine de mort à travers le monde, légitimant s’il en est besoin le message de tous les acteurs abolitionnistes. ECPM espère que Navanethem Pillay portera de nouveau le message abolitionniste des Nations unies, lors du 5e Congrès mondial contre la peine de mort qui se tiendra à Madrid du 12 au 15 Juin 2013.

Marianne Rossi