En 2011, l’Arabie saoudite a exécuté 79 personnes (source AI) par décapitation au sabre ou par fusillade (pour les femmes), et parfois même par crucifixion, et depuis le début de l’année 2012, 19 exécutions ont déjà eu lieu. Ce pays, membre du G 20, ayant une forte influence dans tous les pays du Monde Arabe et du Moyen-Orient, est un de ceux qui exécute le plus au monde aussi bien en termes absolus qu’en pourcentage de sa population.

Le système judiciaire de la monarchie saoudienne applique directement la Charia (loi islamique d’inspiration coranique). Ce texte autorise le recours à la peine de mort pour les crimes les plus graves. Ainsi, l’Arabie saoudite prévoit l’application de ce châtiment pour 15 chefs d’accusation (homicide, terrorisme, viol, vol, trafic de drogue, incendie volontaire, sorcellerie, adultère, sodomie, homosexualité, apostasie, blasphème, trahison, espionnage et consommation de substances toxiques). Les exécutions ont lieu en public et sont utilisées pour maintenir la population dans une forme de soumission au pouvoir en place. Le 9 Avril dernier, Mohammed et Selim Al Madhiribi Al-Shamali, deux frères saoudiens ont été décapités en place publique pour avoir commis ensemble un meurtre.

La justice saoudienne est particulièrement intransigeante avec les travailleurs étrangers (notamment les travailleurs migrants venus d’Afrique et d’Asie) qui représentent près d’un quart de la population saoudienne. Ces derniers sont plus exposés que les Saoudiens à des erreurs judiciaires et à des procès inéquitables. Il arrive que leur condamnation repose uniquement sur des « aveux » obtenus par la contrainte, la torture ou la ruse après des procès secrets. De plus, bien qu’ayant ratifié en 1996 la Convention des droits de l'enfant, l’Arabie saoudite continue de condamner à mort et d’exécuter des personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés. Enfin, ce châtiment est appliqué de façon discriminante aux homosexuels et aux femmes dont les conditions de lapidation sont plus violentes que celles des hommes (les femmes, pour des raisons de pudeur sont enterrées jusqu’aux épaules alors que les hommes ne sont enterrés que jusqu’à la taille, si la personne lapidée parvient à se dégager avent la fin de la lapidation, elle sera graciée).

Rappelons également que l’État saoudien, qui applique la Charia de manière rigoureuse peut être amené à prononcer des sentences de mort pour des infractions religieuses telles que l’aposatsie ou le blasphème. Il y a quelques mois, Hamza Kashgari, un jeune journaliste saoudien de 23 ans a été condamné à mort pour blasphème après avoir publié sur son compte twitter des propos jugés insultant vis-à-vis du prophète Mahommet. Ce journaliste avait anticipé sa condamnation puisqu’il avait tenté de fuir en Malaisie afin d’y demander l’asile politique, mais l’Arabie saoudite avait émis un mandat d’arrêt international et obtenu l’appui d’INTERPOL pour l’arrestation et l’extradition du jeune Kashgari. Cette condamnation à mort démontre que le régime saoudien ne tolère aucune forme de remise en question de l’islam rigoriste appliqué dans le pays et est prêt à réprimer dans le sang toute forme de rébellion.

Marianne Rossi