Six jours après le vote favorable du Sénat, la Chambre des représentants du Connecticut a voté, cette nuit, en faveur de la proposition de loi visant à abolir la peine de mort et à la remplacer par une incarcération à perpétuité réelle, c’est-à-dire sans possibilité de sortie. Le Gouverneur Daniel P. Malloy a déjà annoncé qu’il signerait cette loi pour lui donner force contraignante.

Cette abolition fait du Connecticut, le 17e État des États-Unis à abandonner la peine de mort au profit d’une perpétuité réelle. Cette décision est fondée sur le risque d’exécuter des innocents.

Cependant le Connecticut, qui n’avait procédé qu’à une seule exécution en 51 ans, celle de Mickaël Ross en 2005, n’a pourtant pas choisi de rendre cette abolition rétroactive. Ainsi, les onze condamnés se trouvant actuellement dans le couloir de la mort du Connecticut pourront encore être exécutés après l’entrée en vigueur de la loi.

Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM) se réjouit de cette nouvelle qui « confirme que les États-Unis sont en train de prendre conscience que la peine de mort n’est pas efficace ». Il précise que « ces cinq dernières années, l’Illinois, le nouveau Mexique, New York et le New Jersey ont déjà aboli la peine de mort et le débat va avoir lieu dans les prochains mois au Kansas, en Californie et au New Hampshire, ce qui est un signe fort de la progression du pays vers l’abolition définitive de ce châtiment d’un autre temps ». Il regrette pourtant que « le Connecticut n’ait pas été jusqu’au bout du courage politique en exigeant que la peine de mort ne soit pas appliquée aux onze condamnés à mort du Connecticut ».