S’il fallait refaire le choix du pays hôte de la Conférence régionale « En marche vers l’abolition de la peine de mort » en septembre 2014, ce serait encore une fois la Tunisie.

Parce que la Tunisie est en marche. Et cela se sent. Parce que la Tunisie est un État abolitionniste de fait. Parce que c’est, avec l’Algérie, le seul pays de la région qui a voté aux Nations unies en faveur d’un moratoire international sur les exécutions. Parce que son président Moncef Marzouki est le premier chef d’État de la région à revendiquer publiquement son soutien aux acteurs abolitionnistes tunisiens…

Et – bien évidemment – parce que les élections parlementaires et présidentielles arrivent avant la fin de l’année, juste après la Conférence régionale contre la peine de mort. Excellente occasion de proposer des arguments abolitionnistes à la société civile et à l’opinion publique. Et aux partis politiques qui n’osent pas encore – ou continuent d’hésiter – à prendre des positions catégoriques en faveur de l’abolition de la peine capitale. Justement parce que nous souhaiterions changer cette tendance, nous choisissons la Tunisie.

Parce que nous visons des résultats sur le plan international. Et en Tunisie, nous pouvons compter sur un mouvement abolitionniste qui est l’un des plus matures et offensifs de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Les acteurs locaux auront sans doute l’ambition de proposer des stratégies pour un travail commun aux militants de l’Algérie, de l’Égypte, de la Jordanie, du Liban, du Maroc, de la Mauritanie, de la Palestine…

Nous partons en Tunisie pour initier des échanges et nous nous mobilisons pour appuyer, soutenir et renforcer les capacités de nos partenaires sur place. Notre ambition est d’autant plus stimulée par l’importance que nous accordons au rôle de l’éducation à l’abolition de la peine de mort. Surtout dans un pays à deux visages.

Car la Tunisie est sans doute en marche mais elle n’inscrit pas l’abolition dans sa Constitution. Le mouvement des militants se consolide mais n’arrive à convaincre qu’une minorité de ses parlementaires. Le système judiciaire est en plein renouvellement mais continue de condamner à mort…

Pour tout cela, nous attendons des résultats concrets. Et partons en Tunisie avec de l’espoir. Un vrai départ pour une marche vers l’abolition de la peine de mort !

Desislava Raoul,
Responsable communication à ECPM