Stupéfaction et horreur sont les seuls mots qui me viennent à l’esprit à la suite de la tragédie de Toulouse et de Montauban.

La haine exprimée par Mohamed Merah ne peut que nous révulser par l’abomination de ce geste de mort, mais aussi par son sens et sa signification : celui de la négation de l’humanité d’autrui.
Cet autre, que l’on ne voit plus comme homme, ni même comme enfant !

Le terrorisme, ce n’est que ça, une « bête immonde » aux abois, prête à dévorer ce qui n’est pas lui.

Et pourtant c’est parce que Mohamed Merah oublie sa propre humanité, que l’on doit en avoir pour deux, pour dix et même pour six milliards.

Certains se sont laissés aller aux cris de vengeance et de mort. Je peux le comprendre, mais, jamais l’accepter. Comme si une exécution quelconque pouvait ramener à la vie les sept victimes de Merah.

«Loin de le combattre, la peine de mort nourrirait le terrorisme. A cette considération de fait, il faut ajouter une donnée morale : utiliser contre les terroristes la peine de mort, c’est, pour une démocratie, faire sienne les valeurs de ces derniers. […] Ils tendent à la démocratie, le piège le plus insidieux, celui d’une violence meurtrière qui, en forçant cette démocratie à recourir à la peine de mort, pourrait leur permettre de lui donner, par une sorte d’inversion des valeurs, le visage sanglant qui est le leur. Cette tentation, il faut la refuser, sans jamais, pour autant, composer avec cette forme ultime de violence, intolérable dans une démocratie, qu’est le terrorisme.»

J’avais déjà cité cette phrase prononcée par Robert Badinter devant l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981, lors d’une tribune publiée dans Libération du 4 mai 2011 à propos de l’exécution sommaire de Ben Laden. Cette phrase me paraît encore d’une actualité aigüe.

« Du fanatisme à la barbarie, il n’y a qu’un pas » disait déjà en 1745, Denis Diderot dans son « Essai sur la moralité de la vertu ».

C’est donc par plus de justice et de fraternité que l’on viendra à bout de la barbarie humaine.

Raphaël CHENUIL-HAZAN