Le projet « éduquer aux droits de l’homme et à l’abolition de la peine de mort a été créé par Ensemble contre la peine de mort (ECPM) en 2009. Ce programme, au cœur des priorités d’ECPM, revêt une importance toute particulière : sensibiliser et former les citoyens de demain. En effet, s’il est une mission qui ne connait pas de pause, c’est bien celle de l’éducation. La bataille des consciences est un combat perpétuel qu’il convient de mener afin d’éviter les dangers des idées reçues et autre influence néfaste de clichés répandus à torts. L’abolition « pure, simple et définitive », oui, la conviction totale, majoritaire et irrévocable que la peine de mort n’est « ni utile ni nécessaire », voila la finalité de ce projet. C’est donc en partant de ce postulat qu’ECPM développe ses actions éducatives.

à l’occasion de la 11ème Journée mondiale contre la peine de mort qui se tient le 10 octobre, ECPM est donc allez à la rencontre de lycéens d’Ile de France. Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort libanaise, est venu accompagner l’association afin que les élèves se rendent compte de la réalité de ce châtiment. Venue du Liban spécialement pour raconter son histoire, son témoignage bouleversant et riche a trouvé un écho certain auprès des élèves. Derrière la notion souvent abstraite qu’est la peine capitale, il y a des femmes et des hommes. Il est important de le rappeler et de permettre aux jeunes élèves d’assimiler concrètement ce qu’elle représente.

Cette Journée mondiale est aussi marquée par un événement mené par ECPM, le ministère des Affaires étrangères, l’Assemblée nationale et le Sénat : un séminaire parlementaire sur la peine de mort en Afrique du nord et au Moyen-Orient. à cette occasion, une classe de 3ème du collège Edouard Manet (Villeneuve la Garenne) a bénéficié d’une intervention exceptionnelle au sein de la chambre des députés. Ainsi, pendant trois heures, les élèves ont pu visiter cette institution, assister à une session au sein de l’hémicycle, écouter le témoignage d’Antoinette Chahine et, enfin, se rendre à la séance de clôture dudit séminaire à laquelle Laurent Fabius et Claude Bartolone participaient. Ce dernier hautement sensible à l’importance de l’éducation à l’abolition a ainsi souligné que « nous avons un devoir de vigilance et de pédagogie, notamment à l’égard des plus jeunes », il en a profité pour saluer la classe présente dans son discours puis les a rencontrés afin de serrer la main à des élèves aussi impressionnés que fiers.

Cette année encore, le cycle d’intervention auprès des collégiens et lycéens a rempli son objectif : informer, débattre, rencontrer, s’émouvoir, s’impliquer. Le témoignage d’Antoinette est aussi instructif qu’émouvant et il n’a pas été rare, à la fin des interventions, de voir des élèves dire leur soutient et leur admiration pour cette femme qui a vécu torture et injustice pendant cinq ans. Nombreux aussi sont les élèves étonnés d’apprendre que l’on condamne encore à mort en Europe (Bélarus), que l’on condamne pour crime d’homosexualité dans 10 pays ou encore que les mineurs encourent la peine capitale en Iran. à la question pensez-vous pouvoir jouer un rôle dans l’abolition de la peine de mort ? Les réponses étaient plutôt négatives au début, puis, après avoir compris le rôle des citoyens dans l’évolution des lois et des mœurs, après avoir entendu l’importance de soutenir les condamnés à travers, notamment, les correspondances, beaucoup ont affirmé pouvoir agir à leur tour et être acteur des décisions de demain. Ces interventions prouvent, si besoin est, que l’éducation représente, à n’en pas douter, l’une des meilleures alliées de l’abolition.

Lire le discours de Claude Bartolone

Justine Payoux