Fêter les 10 ans de la journée mondiale contre la peine de mort, cela signifie se féliciter des progrès réalisés, mais aussi rappeler les efforts considérables qui restent à accomplir. Tour d’horizon des défis à relever pour les dix prochaines années.

Si le recours à la peine capitale a largement diminué ces dernières années, que certains pays se sont même engagés vers une restriction du champ d’application de la peine de mort, d’autres au contraire tentent de l’élargir.

Champ d’application de la peine capitale élargis
Récemment, le Liberia et l’Ouganda ont tenté d’élargir la peine capitale aux actes d’homosexualité. De même, certains pays adoptent ou amendent des lois condamnant à mort les actes de terrorismes ou les personnes qui les soutiennent. Ainsi, en décembre 2011, la Syrie a instauré la peine de mort pour les personnes ayant fourni des armes aux terroristes. Le Bengladesh, l’Inde et le Nigeria ont pour leur part adopté des lois prévoyant un élargissement de la peine capitale aux actes terroristes. Par ailleurs, 32 pays ou territoires ont recours à la peine de mort pour des infractions liés au trafic de drogue.

Reprises des exécutions
Alors que 21 pays ont aboli la peine de mort depuis 2002, plusieurs pays ont à l’inverse repris les exécutions après les avoir suspendues. C’est le cas de l’Afghanistan, Taïwan, la Guinée équatoriale, les Emirats arabes unis et le Japon. Le cas de la Chine et de l’Iran demeurent lui aussi très préoccupant. De nombreuses condamnations y ont lieu dans le plus grand secret, en totale violation des normes internationales imposant de rendre public ces informations.

Les défis à relever
Consolider les avancées réalisées ces dernières années est le principal défi à relever. En ce sens, il convient de continuer la promotion de l’adoption de législations nationales abolissant la peine capitale. De plus, la ratification du deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) visant à abolir la peine de mort de mort doit être favorisée. Ce protocole n’a pas encore été ratifié par les États Uunis et la majorité des Éétats africains et asiatiques. Par ailleurs, le soutien aux normes internationales visant à restreindre le recours à la peine de mort, voire même l’abolir, doit être promu afin que les droits des personnes passibles de la peine capitale soient respectés. Enfin, en décembre 2012, une quatrième résolution en faveur d’un moratoire sur l’application de la peine de mort doit être votée par l’Assemblée générale des Nations unies. Si les Éétats membres de l’ONU manifestent un soutien massif à l’égard de cette résolution, cela renforcerait la tendance mondiale en faveur de l’abolition et enverrait un signal fort aux pays qui ne se sont pas encore engagés dans cette voie.

M.E

Source : Coalition Mondiale contre la peine de mort