Dans la festive Marche des fiertés qui s’est tenue à Paris le 27 juin, le char d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM) détonne. Six silhouettes rouge sang flottent dans les airs, chacune pendue à une potence en bois. De la gravité pour dénoncer sans détour la peine de mort homophobe.

Mais au pied du char, « c’est des sourires, des rires et beaucoup de tendresse. J’ai reçu plein de bisous d’anonymes, c’était incroyable », témoigne Patricia, bénévole à ECPM, qui a défilé jusqu’à 19h avec le panneau listant les 11 États qui aujourd’hui encore condamnent à mort l’homosexualité. « Les gens n’arrêtaient pas de me prendre en photo. J’ai eu plein d’échanges et me souviens en particulier d’un latino qui est venu discrètement me demander "C’est vraiment vrai ?". Je suis restée muette un quart de seconde puis j’ai engagé la conversation. C’était passionnant. »

Une quarantaine de militants se sont mobilisés pour faire avancer le char d’ECPM. Depuis 11 ans déjà, l’association participe à la Marche des fiertés, un moment unique dans l’année pour sensibiliser la communauté lesbienne, gay, bi,trans et intersexe sur la criminalisation de l’homosexualité dans le monde. Si aimer une personne du même sexe est condamné à mort dans 11 pays, c’est aussi considéré comme un crime dans 76 autres pays.

« Je me suis rendu compte que les gens ne connaissent pas cette réalité », s’étonne Pierre qui a distribué des dizaines de tracts et autocollants pendant la Marche, après avoir participé au montage du char le matin même. « Mais les gens étaient avides d’informations. Beaucoup m’ont remercié. Certains m’ont même dit "Ah maintenant, je ne sais où je ne vais plus aller en vacances "… C’était vraiment touchant ».

Pour Patricia et Pierre, pas d’hésitation. à la Marche des fiertés 2016, ils défileront de nouveau aux côtés d’ECPM. « Ça redonne de l’énergie et de l’optimisme, confie Patricia. Même s’il y a des mouvances internationales très inquiétantes en ce moment, je suis persuadée qu’on va y arriver. Un jour, la peine de mort pour homosexualité, ça sera terminé. »

Camille Sarret