Lors d'une table ronde qu'elle a organisée le Samedi 7 janvier à Tanger, la Coalition marocaine contre la peine de mort, a appelé le gouvernement Benkirane à abolir la peine de mort, comme le veut la nouvelle Constitution adoptée par référendum populaire en juillet 2011 (l'article 20 protège en effet le droit à la vie et le qualifie de droit premier de tout être humain).

Cette manifestation est la deuxième d’un cycle de conférences, sous le thème "Droits de l’Homme et préservation du droit à la vie" (Marrakech le 9 décembre, Tanger et Fès courant janvier, Rabat le 10 février) .Dans le cadre d’un projet de renforcement du mouvement abolitionniste marocain financé par l'Union européenne et l'Agence française de développement, la Coalition marocaine a entreprit, notamment à travers ces forums, de développer un lobbying auprès des parlementaires et du gouvernement, pour faire de l'abolition de la peine de mort une priorité de l'action pulblique .

Les nombreux intervenants ont ainsi invité le Parlement marocain à présenter des propositions de loi abolissant définitivement la peine capitale dans le pays. « L’abolition de la peine de mort doit faire l’objet d’une décision politique » a estimé Maître Abderrahim Jamaï, coordinateur de la Coalition.

Le Maroc « se trouve parmi les rares pays au monde qui hésitent encore à abolir définitivement la peine de mort. Pourtant celle-ci n’y est plus appliquée depuis des années », a expliqué le directeur d’Amnesty International Maroc, Mohamed Sektaoui. En effet, les autorités marocaines exercent un moratoire sur les exécutions depuis 1993. L’Instance équité et réconciliation avait recommandé en 2006 la ratification du Deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (OP2) qui abolit la peine de mort en toutes circonstances. Mais depuis lors, le Maroc s’est abstenu lors des trois derniers votes de la résolution appelant à un moratoire sur les exécutions par l’AG de l’ONU (2007, 2008 et 2010).

Notons que la peine de mort est encore considérée comme une sanction pénale principale, selon le code pénal de 1962 et le code de justice militaire de 1956. Son application, prévue par fusillade, s'étend bien au delà des seuls crimes de sang ( incendie volontaire, enlèvement, délits financiers, trahisons etc..).

Selon les chiffres officiels, le Maroc compte près de 103 condamnés à mort, pour la plupart incarcérés dans la prison centrale de Kenitra. Le 28 octobre 2011, la cour d'appel de Salé a condamné à la peine capitale le principal accusé dans l'attentat terroriste d'Argena, contre l'avis des familles de victimes.

Plus d'informations sur le pojet de renforcement de capacité du mouvement abolitionniste marocain

Avec l'aide financière
de l'Union européenne