Murrad Gillani, 19 ans, est étudiant au Lahore College of Arts and Sciences, au Pakistan. Son dessin a remporté le 2e prix du concours international « Dessine-moi l’abolition » organisé par ECPM. Il a accepté d’évoquer l’importance de l’engagement contre la peine de mort dans son pays qui a mis fin à son moratoire de 7 années.



Étais-tu déjà engagé contre la peine de mort avant le concours « Dessine-moi l’abolition » ?

Oui. J’ai toujours soutenu l’abolition de la peine de mort. À plusieurs reprises, j’ai pris la parole pour exposer ma position lors de tournois de débats parlementaires. Pour moi, la peine de mort est un acte de violence. Dès mon premier contact avec l’idée de la peine de mort, je l’ai personnellement rejetée. Je vois cette peine comme un acte d’injustice. Certains gouvernements l’imposent en raison du manque de capacité d’accueil de leurs prisons. Ainsi, certaines personnes sont pendues sans que les autorités ne se soucient de mettre fin à une existence.

Pourrais-tu nous donner les raisons principales de ton opposition à la peine de mort ?

Je m’oppose fermement à la peine de mort pour deux raisons principalement. D’abord parce que la peine de mort n’apporte ni justice, ni compensation à qui que ce soit. Ensuite parce que les personnes condamnées n’ont pas accès à une véritable représentation légale, et qu’elles peuvent être poursuivies par un système injuste. Le risque d’exécuter une personne innocente est donc très élevé.



Qu’est-ce qui t’a amené à participer au concours « Dessine-moi l’abolition »?

Justice Project Pakistan a mené une action dans mon école et parlé du concours, ce qui m’a amené à y participer. Je pense qu’il est important que les jeunes générations soient sensibilisées sur le caractère vicié de la peine de mort.

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Comment l’idée d’un diagramme circulaire t’est-elle venue ? Ce diagramme illustre-t-il la façon dont la peine de mort est appliquée au Pakistan ?

J’ai eu l’idée d’un diagramme circulaire car cette forme permet d’exposer largement les principales dérives que permet la peine de mort.

As-tu l’intention de poursuivre ton engagement contre la peine de mort ?

Absolument. Plus tard, je voudrais travailler dans le monde politique. J’espère arriver à des responsabilités qui me permettront de travailler sur une loi abolissant la peine de mort dans mon pays. En attendant, je vais effectuer des stages dans des structures qui permettent notamment aux personnes plus pauvres de bénéficier d’une représentation légale dans le cadre de leur condamnation à mort.

Penses-tu que les jeunes Pakistanais pourront avoir une position hostile à la peine de mort dans l’avenir ?

Je ne peux pas faire de généralisation… Les jeunes avec lesquels j’ai échangé sont opposés à la peine de mort. Mais certaines personnes ne savent même pas ce qu’est la peine de mort, et d’autres la soutiennent parce qu’ils ne sont pas conscients de l’injustice qu’elle génère.