Malgré une mobilisation internationale sans précédent, Troy Davis a été exécuté le 21 septembre dernier au pénitencier de Jackson, en Géorgie, après que la Cour suprême des Etats-Unis ait rejeté un ultime recours de ses avocats.

Il était devenu le symbole de la lutte contre la peine capitale, et après avoir clamé son innocence jusqu’à la fin, Troy Davis a été exécuté par injection mortelle dans la prison de Jackson, en Géorgie, où il était enfermé depuis plus de 20 ans. Initialement prévue à 19h.00 locales (23h.00 GMT), l'exécution avait été retardée de plus de quatre heures, dans l'attente d'une décision de la Cour suprême des Etats-Unis, qui a finalement autorisé sa mise à mort. Juste avant son exécution, cet Afro-Américain de 42 ans a répété qu'il n'était pour rien dans la mort du policier blanc pour laquelle il a été condamné en 1991.

« Je ne suis pas celui qui a commis le crime. Je n’avais pas d’arme. Continuez à chercher la vérité »

sont les dernières paroles de Troy Davis.

Une mobilisation exemplaire
Il est important de souligner l’ampleur de la mobilisation internationale pour Troy Davis, et ce, jusqu’aux dernières heures précédant son exécution. En France, de nombreuses personnes ont manifesté leur soutien à Troy, que ce soit par des pétitions, qui ont été remises à l’ambassade des Etats-Unis le 21 septembre, ou par des rassemblements. Celui du 16 septembre, place Stavinsky près de Beaubourg, à Paris, témoignait de l’importance de cette mobilisation. A cette occasion, Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’Ensemble contre la peine de mort, a rappelé que « l'on ne tuait pas un symbole ».

Ce rassemblement été suivi d’une ultime manifestation de soutien le 21 septembre, place de la Concorde, réunissant des centaines de personnes.

Le combat continue
Si l’engagment auprès de Troy Davis doit être évidemment salué, il ne faut pas oublier que trois autres exécutions ont eu lieu le même jour, ailleurs dans le monde. Alireza Mollah-Soltani, iranien âgé seulement de 17 ans a été pendu en place publique, Lawrence Brewer a été exécuté au Texas et le pakistanais Zahid Husain Shah, en Chine. Face à ce terrible « bilan », le découragement ne doit pas prendre le pas sur les combats qui restent à mener. Et l’engagement international doit être auprès de tous les condamnés à mort. Tous ont besoin de notre soutien et en ce moment plus que jamais Hank Skinner doit pouvoir compter sur une mobilisation internationale. N’attendez plus, signez la pétition de soutien à Hank Skinner !

Comme l’a déclaré Troy Davis quelques heures avant son exécution:

« Ce combat pour mettre fin à la peine de mort n’est pas gagné ou perdu à travers moi […]. N’arrêtez jamais de lutter pour la justice et nous vaincrons !" »

Alors aujourd’hui plus qu’hier « Nous sommes tous des Troy Davis ».

M.E.