RELANCE DE LA CAMPAGNE LIBANAISE CONTRE LA PEINE DE MORT

Plus de 200 participants : ministres, ambassadeurs, bâtonniers, parlementaires, juges, avocats, intellectuels, membres de la société civile et militants, étaient présents pour apporter leur soutien à la Campagne libanaise contre la peine de mort initiée en 1997 par Walid Slaybi et Ogarit Younan, fondateurs de la LACR.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, M. Chakib Cortbawi , ministre de la Justice, a réitéré son engagement de ne pas signer de décrets d’exécution au cours de son mandat, estimant que la mort ne devait pas être donnée « au nom de la société ». Me Georges Jreij, nouveau bâtonnier de l’Ordre des avocats de Beyrouth, a manifesté sa volonté d’engager fortement le Barreau de Beyrouth pour l’abolition de la peine capitale et dynamiser le partenariat avec le Barreau de Paris initié au 5e Congrès mondial contre la peine de mort. M. Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’ECPM a rappelé l’engagement ancien et constant d’Ensemble contre la peine de mort auprès des militants abolitionnistes au Liban pour soutenir leurs initiatives au niveau national et international. En présence de M. Ibrahim Najjar, membre de la Commission internationale contre la peine de mort, Mme Angelina Eichhorst, chef de la délégation de l’Union européenne à Beyrouth, et M. Niklas Kebbon, ambassadeur de Suède au Liban, ont réaffirmé l’engagement de l’Europe et de la Suède en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort et leur soutien aux acteurs abolitionnistes libanais.

De nombreuses organisations membres du comité de coordination de la Campagne libanaise contre la peine de mort ont fait part de leur travail pour réorganiser la Campagne en Coalition nationale et lui donner un nouveau souffle en intégrant de nouveaux membres et en multipliant les initiatives.

UN MORATOIRE DE FAIT APPLIQUÉ DEPUIS 10 ANS

Le Liban, en 2014, fait son entrée dans la catégorie des pays abolitionnistes en pratique ou en droit puisque les autorités libanaises n’ont plus pratiqué d’exécution depuis maintenant 10 ans.

Rappelant l’engagement fort de la Campagne pour aboutir à ce moratoire, la suppression de l’automaticité de la peine de mort dans le droit libanais en 2001, les différentes propositions de loi pour l’abolition de la peine de mort ainsi que la possibilité donnée en 2011 au juge d’application des peines libanais de commuer des condamnations à mort en peine de prison, les intervenants ont souligné les difficultés liées au contexte actuel pour parvenir à de nouvelles avancées politiques au Liban : situation sécuritaire instable, processus politique bloqué,…)

Face à ce constat, les organisations membres ou souhaitant intégrer la Campagne ont réitéré la nécessité de s’impliquer auprès des condamnés à mort libanais qui vivent dans l’incertitude quant à leur exécution et qui pour la plupart ont été condamnés sommairement lors de l’occupation du Liban par le voisin syrien.

L’ENGAGEMENT ET LA FORMATION DES AVOCATS LIBANAIS

Plus de 50 avocats stagiaires du Barreau de Beyrouth ont bénéficié d’un atelier de formation pour la défense des individus risquant la peine de mort. Ils ont pu s’initier au manuel des bonnes pratiques publié par la Coalition mondiale contre la peine de mort en 2013 et échanger sur des expériences concrètes dans le cadre de la procédure pénale au Liban. M. Georges Jreij, bâtonnier de Beyrouth et Mme Marie Alix Canu-Bernard, représentante du bâtonnier de Paris, ont exprimé leur volonté commune de dynamiser la coopération au niveau de la formation ou de la réouverture de cas de condamnés à mort au Liban.

LA CREATION DU RESEAU INTERNATIONAL D’ÉDUCATION à L’ABOLITION

Les acteurs abolitionnistes présents à la conférence ont par ailleurs confirmé l’importance qu’ils accordaient à l’éducation des jeunes générations, à la non-violence et à l’abolition de la peine de mort.

Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et l’Association Libanaise pour les Droits Civils (LACR) ont ainsi initié, à l’occasion d’un atelier rassemblant plus de 30 responsables d’organisations d’éducation aux droits de l’homme de plusieurs pays (Liban, France, Maroc, Egypte, Espagne, Tunisie), le premier réseau international d’éducation à l’abolition de la peine de mort.

Ce réseau a vocation à faciliter et développer l’échange de bonnes pratiques, d’outils pédagogiques, et d’initiatives communes en matière de sensibilisation à l’abolition de la peine de mort.

Animé aujourd’hui par ECPM et la LACR, le réseau va, dans cette optique, établir un premier état des lieux pour mieux cerner les besoins et les attentes des organisations de la société civile en matière d’éducation à l’abolition de la peine de mort. Il devrait ensuite s’élargir pour intégrer de nombreux acteurs au niveau international et constituer un véritable moteur en matière d’éducation et de sensibilisation des jeunes générations.

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