Pour la troisième fois, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté très majoritairement le 21 décembre 2010 une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort. 109 pays ont voté POUR et 41 CONTRE.

Jours après jours, heures après heures, les membres des ONG présentes à New York attendaient avec anxiété mais confiance ce vote qui ponctuerait une année sous le signe de l’abolition.

Comme en 2007 et 2008, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté en décembre dernier, en séance plénière à New York une résolution appelant à un moratoire sur l’application de la peine de mort et a reconnu l’existence d’une « tendance mondiale en faveur de l’abolition de la peine de mort ». Un nombre croissant de soutiens a marqué ce vote qui a obtenu 109 voix pour, 41 contre et 35 abstentions.

L’Asie et les pays arabes confirment leur avancée

L’Asie, continent largement rétentionniste, a témoigné d’une avancée positive. La Mongolie et la Thaïlande, qui avaient voté par deux fois contre les précédentes résolutions et avaient signé des notes de dissociation, ont cette année respectivement voté en faveur et se sont abstenus. Le Bhoutan et les Maldives, qui s’étaient abstenus par le passé, ont quant à eux voté en faveur de la 3ème résolution. Dans les pays arabes, la brèche ouverte en 2008 se maintient avec l’Algérie qui a de nouveau officiellement soutenu et co-sponsorisé la résolution, tandis que sept pays arabes se sont abstenus, pour la seconde fois.

Nombre croissant de soutiens

Autre signe d'évolution, la République de Kiribati et le Togo ont également modifié leur vote par rapport à 2008 pour se prononcer en faveur du moratoire. Les Comores, le Nigeria, les Salomon, qui avaient voté contre le moratoire en 2008, se sont eux abstenus. Outre ces avancées, l’absence de sept gouvernements reste à déplorer. Un rapport sur l’application de cette 3ème résolution sera présenté par le Secrétaire général, lors de la soixante-septième session de l’Assemblée générale des Nations unies. En 2012, l’examen d’une nouvelle résolution sur un moratoire sera alors poursuivi au titre de la question intitulée «Promotion et protection des droits de l’homme ».

Rappelons que, lorsque les Nations unies ont été créées, en 1945, huit pays seulement avaient aboli la peine capitale pour tous les crimes. Aujourd'hui, 136 des 192 États membres de l'ONU l'ont abolie en droit ou dans la pratique.