Les condamnés à mort d'Ouganda ont contesté, mercredi 19 janvier, devant la Cour constitutionnelle "la légalité et la constitutionnalité" de la sentence, dénoncée comme étant "cruelle, inhumaine et dégradante".

A l'occasion, cinq d'entre eux ont pu quitter le couloir de la mort pour représenter l'ensemble des plaignants devant la cour.

"C'est un événement sans précédent en Ouganda ou sur le continent africain", s'est exclamé, Maître John Katende à la sortie de l'audience.

La peine de mort constitue "une torture, une forme de punition cruelle, inhumaine et dégradante", et qui plus est "interdite par la Constitution ougandaise", ont écrit les condamnés dans leur plainte déposée en septembre 2003. De fait, ils demandent la suppression de la sentence suprême du code pénal ougandais.

Les autorités carcérales elles-mêmes soutiennent la démarche des condamnés à mort aurait déclaré sous serment lors de l'audience Joseph Etima, directeur national de l'administration pénitentiaire. En février 2003, le Département national des prisons avait proposé l'abolition de la peine de mort, car elle "traumatise" les gardiens, et demandé son remplacement par la prison à perpétuité.

Maître Benjamin Bagambe qui représentait le gouvernement, a plaidé pour le maintien de la peine capitale en tant que peine dissuasive.

Trois cent soixante-dix-sept condamnés à mort ont été pendus depuis 1938 en Ouganda. Les dernières exécutions datent de 1999, lors d'une pendaison de vingt-huit condamnés le même jour.