En 2012, près de 80 États continuent de considérer l’homosexualité comme un crime. Dans neuf d’entre eux, les homosexuels risquent la peine de mort. La situation s’est même aggravée en 2011, notamment en Ouganda, où une proposition de loi visant à durcir les peines contre les homosexuels devait être débattue au parlement. Grâce à la pression internationale, la peine de mort ne figure plus, pour le moment, parmi les sanctions prévues par ce projet, mais le Liberia, en revanche, pourrait bien rendre passible l’homosexualité de le peine capitale.

En Ouganda, en début d’année dernière, un projet de loi « anti-homosexualité », proposé par le député David Bahati visant à rendre passible de peine de mort l’homosexualité, devait être examiné par le parlement Ougandais. Grâce à la pression de la communauté internationale, l’examen de la loi avait alors été ajourné. En février dernier, le gouvernement ougandais, pour éviter une nouvelle levée de bloucliers, affirme finalement qu’il ne soutient pas cette proposition. Mais il défend le droit au débat parlementaire. « La proposition de loi a été déposée par un député de base, elle ne fait pas partie du programme législatif du gouvernement et ne bénéficie pas du soutien du premier ministre ou du cabinet », souligne le communiqué du gouvernement. Le texte ajoute cependant que « l’Ouganda étant une démocratie constitutionnelle, il est normal que si une proposition de loi déposée de façon indépendante est présentée devant le Parlement, elle soit débattue ».

Peine de mort abandonnée ?
Afin de calmer les protestations internationales, le gouvernement ougandais a récemment laissé penser que la peine de mort ne figurerait plus parmi les sanctions prévues par cette proposition tant décriée de nouvelle loi anti-homosexualité. « Il n’y aura pas de peine de mort du tout (…), cela va être retiré, confie le député David Bahati en février dernier. Néanmoins, ce projet de loi existe toujours et l’objectif vise la répression de la promotion de l’homosexualité et de l’incitation de mineurs à l’homosexualité, qui est déjà considérée comme un crime en Ouganda. Il pourrait être examiné par le parlement dans les prochains mois. Aujoud'hui, aucune garantie ne permet de s'assurer que la peine de mort ne sanctionnera plus l'homosexualité dans ce projet de loi, aussi, la communauté internationale doit rester vigilante, jusqu'au nouvel examen de la proposition de loi devant le parlement ougandais.

Les homosexuels libériens en danger
Ce relent d’homophobie qui parcourt l’Afrique s’illustre également au Liberia. Le 26 janvier dernier, le ministère libérien de l’Information a publié un communiqué indiquant que « le gouvernement du Liberia ne permettra pas la légalisation des activités gays et lesbiennes dans le pays. » Pour aller plus loin, la sénatrice du Comté de Bong (Nord du pays) et ex-première dame, Jewel Howard Taylor, a introduit au Sénat un projet de loi criminalisant l’homosexualité. Si ce dernier est adopté, l’homosexualité serait passible de la peine capitale. Dans ce projet de loi, on peut lire que « deux personnes de même sexe ne peuvent pas avoir des relations sexuelles. Toute violation de cette disposition sera considérée comme criminelle ». Ce durcissement intervient alors qu’un groupe de pression visait, en début d’année à faire légaliser le mariage homosexuel au Liberia.

En Afrique, 38 des 53 États sont dotés de loi pénalisant l’homosexualité. Elle est passible de mort dans les 12 États du Nigéria qui pratiquent la loi islamique. La Gay Pride française, le 30 juin prochain, doit aussi être l’occasion d’élever des voix contre cette vague d’homophobie qui balaie l’Afrique et plus particulièrement l’Ouganda et le Liberia.

M.E