En perspective du prochain rassemblement mondial du mouvement abolitionniste à Madrid en 2013, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et l’organisation internationale « Iran Human Rights » (IHR), ont lancé mercredi 22 février 2011 leur campagne internationale contre la peine de mort en Iran.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée en partenariat avec la Ville de Paris, et en présence de M. François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’homme, plusieurs organisations de la société civile et journalistes se sont réunis à l’Hôtel de Ville, pour découvrir la première action de cette campagne : la présentation du rapport 2011 sur la peine de mort en Iran.

Après les interventions de Mme Yamina Benguigui, Adjointe au Maire de Paris chargée des droits de l’homme et de la lutte contre les discriminations, M. Pierre Shapira, Adjoint au Maire de Paris chargé des relations internationales, qui ont souligné le soutien de la Ville au mouvement abolitionniste, Mahmood Amiry Moghaddam, porte-parole de Iran Human Rights a présenté le rapport publié en partenariat avec ECPM (version pdf en téléchargement).

Ce document permet, au-delà des formules incantatoires, de dénoncer, sur la base de données fiables, une réalité quotidienne du peuple iranien. L’ensemble des informations présentées est issu principalement des publications officielles des autorités iraniennes. 38% des exécutions recensées ne sont cependant pas revendiquées par les autorités. Elles sont comptabilisées après avoir fait l’objet de vérifications croisées par des sources fiables en Iran.

L’augmentation des exécutions depuis l’arrivée au pouvoir du président Ahmadinejad en 2005 et surtout depuis sa réélection en 2009, semble sans fin. En 2011 au moins 676 personnes ont été exécutées, dont 16 femmes, 4 mineurs au moment des faits, 3 homosexuels et une personne pour apostasie. Pendant les deux premières semaines de janvier 2012, il y a eu en moyenne 3 ou 4 personnes exécutées par jour en Iran.
L’augmentation dramatique du nombre d’exécutions publiques (65) en 2011 révèle une volonté politique d’intimidation. Les autorités iraniennes semblent ainsi vouloir dissuader toute velléité protestataire de la rue iranienne qui pourrait faire écho au « printemps arabe ».

Mahmood Amiry Moghaddam a évoqué les dernières évolutions de la législation pénale iranienne dans le domaine de la peine de mort. Une avancée positive qui masque une situation confuse. Certes la lapidation est remplacée par la pendaison et la peine de mort n’est plus appliquée aux mineurs de moins de 15 ans. Mais elle reste applicable pour les mineurs de 15 à 18 ans dans le cas où le juge le considère « mature »…

Ces évolutions montrent cependant que les autorités iraniennes ne sont pas indifférentes aux pressions internationales. Raphaël Chenuil-Hazan a rappelé que la mobilisation de tous doit continuer pour dénoncer un appareil répressif meurtrier. En ce moment même, ce dernier a trouvé entre autres de nouvelles victimes en la personne du bloggeur Saeed Malekpour et du pasteur Youssef Nadarkhani dont les exécutions sont imminentes.

Emadeddin Baghi, journaliste et militant iranien, joint par téléphone a rappelé son engagement en faveur de l’abolition de la peine de mort dans son pays. Raphaël Chenuil-Hazan a précisé qu’ECPM et « Iran Human Rights » prévoient notamment la traduction de deux de ses livres et le lancement d’une pétition en faveur des défenseurs de l’abolition.

Nicolas Braye

Lire le rapport 2011 sur la peine de mort en Iran
Lire la tribune rédigée par ECPM pour dénoncer les exécutions en Iran
Lire le communiqué de presse du Maire de Paris paru à la suite de la Conférence de presse