Extrait du discours de Raphaël Chenuil-Hazan

La médaille Cesare Beccaria a été remise cette année à Rober Badinter, le 18 novembre dernier au Collège de France. Cette cérémonie a été organisée par la Société internationale de défense sociale (SIDS) et le Réseau académique pour l’abolition de la peine de mort (REDECAP), en partenariat avec ECPM.

Cette récompense honorifique a été décernée par l’illustre membre de l’institut, professeur honoraire au collège de France et parmi les grandes spécialistes du droit pénal, Mireille Delmas-Marty, sous la présidence de Guy Canivet, membre du Conseil Constitutionnel. Etaient également présent lors de cette cérémonie, Luis Arroyo Zapatero, professeur à l’université Castilla-La Mancha et président de la SIDS, Stéfano Manacorda, Directeur de l’équipe « Internormativités dans l’espace pénal » du Collège de France et Sandra Babcock, professeur au Centre international des droits de l’homme de la NorthWestern University de Chicago.
Etait présent dans l’assistance, Mme Simone Rozès, première présidente de la cour de cassation. Enfin, Mohamed Bedjaoui, ancien ministre de la Justice et des affaires étrangères d’Algérie, nous a fait l’honneur de sa présence. Il est aujourd’hui, comme Robert Badinter, membre de la Commission internationale contre la peine de mort, dont le secrétariat exécutif se situe à Genève.

« Cher Président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur Badinter,
Chers membres éminents de cette si belle institution qu’est le Collège de France,
Je suis honoré de pouvoir adresser ce soir ces quelques mots dans une enceinte aussi prestigieuse et devant de si grands pénalistes, spécialistes de la peine de mort.
Je suis fier de pouvoir représenter devant vous, 126 ONG et associations abolitionnistes, regroupées dans la Coalition mondiale contre la peine de mort. Ma présence aujourd’hui, marque ce lien si nécessaire entre le monde universitaire et le monde des ONG. Robert Badinter est selon moi le symbole vivant de cette complémentarité nécessaire entre ces deux mondes, celui du savoir et celui de l‘engagement, celui de la recherche et celui de l’action de terrain. Ainsi, le pont entre la matière et l’esprit a toujours été le verbe. La parole et la rhétorique que Robert Badinter a su si bien manier, mais toujours au service de l’action et du militantisme.
En effet, Robert Badinter, a toujours répondu favorablement à ECPM dans son engagement pour une abolition universelle, que ce soit durant les Congrès mondiaux organisés par ECPM ou lors des campagnes internationales de la Coalition, en particulier la de la journée mondiale contre la peine de mort.
Je profite ainsi de ma présence, parmi vous pour appeler à une collaboration accrue et active entre les universitaires et les acteurs de la société civile afin de porter un message abolitionniste au plus prêt des réalités.

Cette collaboration, existe déjà. Outre Robert Badinter, la présence aujourd’hui de Sandra Babcock, qui est à la fois sur les bancs de l’Université à Chicago auprès de ses étudiants, que dans les palais de justice à défendre jusqu’au bout des rebus de l’humanité que sont les condamnés à mort (en particulier les ressortissants mexicains qui sont dans les couloirs de la mort aux États-Unis).
Je voudrais enfin partager avec vous cette phrase magnifique, prononcée par mon ami Tharcis Karugarama, ministre de la justice du Rwanda, lors de la Conférence régionale organisée par la Hands of Cain, la Coalition mondiale et ECPM, qui nous disait qu’au Rwanda, ils avaient su « humilier la peine de mort, en la rejetant hors de nos lois ».
Je voudrais terminer mon intervention, en paraphrasant Robert Badinter se référant aux partisans de Franco, qui vociféraient cette phrase abjecte : « Viva la muerte, viva la muerte ».
Bien au contraire, il faut sans cesse crier à la face du monde : « Vive la vie, vive la vie »
Merci à vous »

RCH