Communiqué de presse

Paris, le 13 novembre 2015

Trois jours avant son arrivée à Paris, le président iranien Hassan Rohani a une nouvelle fois défendu les exécutions de centaines de personnes, en particulier de condamnés pour trafic de drogue.

« Ne mettons pas sous le tapis les questions des droits de l’homme !, appelle Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général de l’ONG Ensemble contre la peine de mort – ECPM. Le président Rohani vient faire une grande campagne de relations publiques auprès des pays européens sans rien renier des exactions commises sur le front des droits de l’homme. La semaine prochaine il se rend en Italie et en France, deux fers de lance dans le combat abolitionniste international. ECPM appelle les gouvernements italien et français à mettre les questions du respect des droits de l’homme et de la lutte contre la peine de mort au cœur des discussions bilatérales et multilatérales avec l’Iran », déclare Raphaël Chenuil-Hazan.

Au moment où le président iranien annonce sur deux médias français (France 2 et Europe1) la création d’une Charte sur les droits civils, ECPM constate que la situation en Iran c’est très clairement détériorée depuis l’accession au pouvoir d’Hassan Rohani : augmentation de 30% des exécutions, situations de plus en plus difficiles pour les minorités ethniques (kurdes, azéris, baloutches), comme religieuses (Bahaïs). Le ministre iranien de l’intérieur, Mostafa Pour-Mohamadi, a également soutenu fermement l’utilisation massive de la peine de mort en Iran.

Les visites d’Hassan Rohani à Rome et à Paris pour relancer les relations multilatérales avec les pays européens et les partenaires commerciaux interviennent après l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Russie – les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, auxquels s’ajoute l’Allemagne).

La peine de mort en Iran
L'Iran est le pays avec le plus haut taux d'exécutions par habitant. Selon les rapports d’Ensemble contre la peine de mort – ECPM et Iran Human Rights – IHR, plus de 830 personnes ont été exécutées depuis le début de 2015, le nombre le plus élevé depuis plus de 25 ans.
ANNUAL REPORT ON THE DEATH PENALTY IN IRAN : http://www.abolition.fr/wp-content/uploads/archives/rapport_2014_bdef02.pdf

La plupart des exécutions en Iran concernent des condamnés pour trafic de drogues.
Depuis 2010, plus de 2500 personnes ont été exécutées en Iran pour des infractions liées à la drogue. Ces exécutions n’ont pas dissuadé les trafiquants. Les rapports officiels indiquent au contraire que les problèmes de drogue, y compris le trafic et la toxicomanie, ont été à la hausse au cours des dernières années.

Contact presse :
Desislava Raoul, responsable communication ECPM
Tél : +33 1 80 87 70 52 ; Portable : +33 6 13 26 29 12
Email : draoul@abolition.fr

C
rédit photo: AFP