La famille de Chiang Kuo-Ching, jugé coupable à tort du viol et du meutre d’une fillette de cinq ans et exécuté en 1997 à l’issue d’une détention de 314 jours, puis acquitté en septembre 2011 de manière posthume, lorsque l’affaire a été rejugée, a été indemnisée à hauteur de 131 millions de dollars taiwanais.

Les juges ont estimés que les preuves sur lesquelles se construisaient l’accusation de Chiang Kuo-ching étaient insuffisantes et examinées selon des méthodes médico-légales trop anciennes. D’autre part, les aveux sur lesquels se fondaient le jugement ont été recueillis à l’époque d’une manière irrecevable puisqu’obtenus sous la contrainte. Chiang Kuo-ching avait été interrogé par les services secrets au lieu d’être normalement déféré aux services compétents. Le crime avait eu lieu sur une base militaire à Taipei alors que Chiang Kuo-ching, âgé de 21 ans, faisait son service militaire au sein de l’armée de l’Air.

Le montant de la réparation a été calculé en fonction des statistiques du ministère de l’Intérieur sur la base d’une espérance de vie moyenne de 77 ans à Taiwan. Une commission composée d’experts, de juges et de procureurs des tribunaux militaires doit maintenant se réunir pour déterminer qui des officiers, des fonctionnaires et des juges en charge du dossier en 1997 ou du ministère de la Défense devront payer les indemnités. La famille de Chiang Kuo-ching dispose d’un délai légal de 20 jours pour contester le montant des réparations.

A l’annonce de la décision de justice, Madame Wang, la mère de Chiang Kuo-ching, a déclaré que tout l’argent du monde ne lui ramènerait pas son fils pour l’innocence duquel elle s’est toujours battue. Elle s’est déclarée extrêmement peinée et a expliqué qu’elle continuerait à poursuivre l’ancien ministre de la Défense, Chen Chao-min, qui à l’époque des faits, était commandant de la base de l’armée de l’Air où a eu lieu le crime.