La Chine et la Russie viennent, une fois de plus, de redire à l’ensemble de la communauté internationale que la situation en Syrie ne regardait personne et surtout pas l’humanité.

Pour ces deux membres permanents du conseil de sécurité, qui veulent coûte que coûte maintenir le temps d’avant, il faut jeter un voile blanc sur ce pays en proie, à la fois à des envies inaliénables de liberté et des pulsions ambigües.

C’est ce fameux linceul blanc qui pendant des années, couvrait les corps des exécutés de toute la région, de Damas à Gaza, de Téhéran à Bagdad. Sur le front de l’abolition, Il ne faut pas forcement attendre de changement pour un hypothétique « après Assad », mais il faut redire encore et toujoursqu’à toute oppression, la peine de mort en est le bras naturel. Une oppression ne doit alors pas être remplacée par une autre.

Mais, le vent du changement souffle tout de même sur la région. Ainsi, le monde ne semble ne pas se satisfaire de ce double véto protecteur sino-russe. Si on en croit les réactions diplomatiques de la ligue arabe et nombres pays de la région, comme le Maroc, peut-être futur fer de lance de la démocratie arabe, qui sait ?

C’est peut-être le signe d’un monde qui change ? Je veux y croire. Je doute et j’espère.

Ce monde d’antant est en tout cas immuable en Iran. Le gouvernement d’Ahmabinejad et du Guide Suprême Ali Khamenei ont mis en garde eux aussi, contre les « ingérences extérieurs » en Syrie. C’est pour mieux cacher qu’à Téhéran, on tue aussi ceux qui pensent, ceux qui écrivent et ceux qui agissent. Ainsi Saeed Malekpour, a vu sa condamnation à mort confirmée il y a quelques jours pour avoir « Bloggé » pour plus de liberté, tout comme les administrateurs d’un site internet, Vahid Asghari et Ahmadreza Hashempour, ainsi que le développeur web et humoriste Mehdi Alizadeh. Il faut saluer dans le même temps la libération après 10 mois d’incarcération, du formidable Blogger égyptien Maikel Nabil Sanad, pour lequel j’avais lancé un appel il y a plusieurs mois.

Cela me donne l’occasion de vous annoncer le lancement le 22 février prochain du tant attendu Rapport annuel d’Iran Human Rights (IHR) en collaboration avec ECPM. Ce rapport est l’outil précieux qui nous permet de connaître la réalité des faits en Iran, de les dénoncer et de porter la voix des condamnés.

Le dossier de ce mois de février porte sur un autre espace important du combat abolitionniste : l’Asie du Sud-Est. Si loin et pourtant si proche, l’Asie reste mystérieuse même en ce qui concerne la peine de mort. Ce dossier, nous l’espérons permettra de mieux comprendre les pays de cette région avec leur évolutions propres.

Enfin, la sortie de notre mission d’enquête 999 : dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis est un grand succès. Dans ce contexte, Ensemble contre la peine de mort (ECPM), en partenariat avec la New York University de Paris, organise une conférence intitulée « Enjeux et perspectives du combat abolitionniste : l’exemple des États-Unis » le 9 Février prochain à 19 heures dans la salle 6 de l’université (56 rue de Passy 75016 Paris).

Abolitionnement votre,
Raphaël Chenuil-Hazan
Directeur ECPM