Cette année, l’automne a pris une fois de plus les teintes rouge et noir de l’abolition de la peine de mort, comme souvent depuis quelques années maintenant.

Après les célébrations autour de la Journée mondiale contre la peine de mort le 10 octobre, et les très nombreuses actions que nous avons menées ou auxquelles nous avons participé à travers le monde (au Cameroun, Ghana, Costa Rica, etc.), je voudrais prendre un moment pour revenir sur l’extraordinaire succès de l’événement que nous avons organisé en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères (MAE), le Conseil national des Barreaux (CNB) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris. En effet, dans le cadre de la campagne « Eduquer et sensibiliser à l’abolition », une journée à destination d'une centaine de jeunes (collégiens, étudiants de Master Droits de l’homme de l’université de la Sorbonne et d’Evry et 20 jeunes issus des groupes droits de l’homme de nos projets en Tunisie, Maroc, Liban, RDC et Cameroun) a été organisée au Conseil national des Barreaux (CNB), à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et au ministère des Affaires étrangères et du Développement international à Paris. Trois ateliers innovants ont eu lieu : reconstitution du vote du moratoire aux Nations unies, reconstitutions et jeux de rôles autour du procès Ranucci, « brainstorming » sur les moyens d’action innovants pour éduquer à l’abolition.

Mais c’est surtout l’enthousiasme pour les grands rendez-vous internationaux onusiens qui maintenant nous anime. Le lancement est d’abord donné par la XXe session du Conseil des droits de l’homme à Genève qui verra l’Examen périodique universel (EPU) de 14 pays : Slovénie, Italie, Salvador, Gambie, Bolivie, Fidji, San Marin, Kazakhstan, Angola, Madagascar, Bosnie-Herzégovine, Irak, Égypte et Iran.

L’Examen périodique universel (EPU) est un processus unique en son genre. Il consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des États membres de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme. Il s’agit d’un processus mené par les États, sous les auspices du Conseil des droits de l’homme. Il fournit à chaque État l’opportunité de présenter les mesures qu’il a prises pour améliorer la situation des droits de l’homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière. Mécanisme central du Conseil des droits de l’homme, l’EPU est conçu pour assurer une égalité de traitement entre pays.

ECPM s’est focalisé sur le cas de l’Iran, de l’Egypte et de l’Irak en raison de la situation alarmante des droits de l’homme et de la peine de mort dans ces pays La veille de la pendaison de la jeune iranienne Reyhaneh Jabbari le 25 octobre dernier, nous avons adressé des recommandations spécifiques aux membres du Conseil à Genève.

C’est pour nous un formidable tremplin pour assurer le lancement de notre nouveau numéro de notre collection les Cahiers de l’abolition, intitulé « L’Iran et la peine de mort en question ». Cet ouvrage, réunissant plusieurs grands experts de l’Iran, devrait offrir à tous ceux qui s’intéressent à ce pays, à sa complexité et sa singularité sur le champ des droits de l’homme et de l’application de la peine de mort, une base de réflexion et de savoirs afin d’alimenter le débat et la connaissance.

Enfin, nous clôturerons cet automne abolitionniste par notre campagne d’action en faveur du vote au moratoire sur les exécutions lors de la prochaine assemblée générale des Nations unies. Ce vote est triplement important par le symbole qu’il renvoie au monde, par sa capacité à marquer et délimiter de plus en plus le camp abolitionniste du camp rétentionniste et par l’extraordinaire potentiel de changement vers l’abolition qu’il procure. En 2012, la Tunisie avait pour la première fois voté en faveur de ce texte, nous espérons faire mieux cette année.

Par Raphaël Chenuil-Hazan
Directeur d'ECPM