Quand il s’agit de la peine de mort aux Etats-Unis, il n’existe pas de répit.

Pendant les 16 premiers jours de ce mois de janvier, 3 exécutions ont déjà eu lieu.

L’État de Floride a ouvert le bal le 7 janvier en exécutant Askari Muhammad, âgé de 62 ans. Il avait été condamné à mort pour les meurtres d’un couple à Miami en 1974. Il a passé 40 ans dans le couloir de la mort. La famille des victimes a assisté à sa mise à mort. Son exécution était initialement programmée pour le 3 décembre 2013, mais a été reportée à cause d’un recours déposé par ses avocats concernant les drogues utilisées pour l’injection létale. Une action qui échouera. Il est le 82e condamné à mort exécuté dans cet état depuis la réintroduction de la peine de mort en 1976.

L’État d’Oklahoma a suivi le 10 janvier avec l’exécution de Michael Wilson, âgé de 38 ans, condamné à mort en 1996 pour le meurtre de Richard Yost lors du braquage d’un supermarché. La veuve de la victime a assisté à la mise à mort. Il est le 109e condamné à mort exécuté dans cet état depuis la réintroduction de la peine de mort en 1976.

Le 16 janvier, l’État de l’Ohio a mis à mort Dennis McGuire, âgé de 53 ans avec une nouvelle injection létale, jamais utilisée auparavant et qui s’est avérée être un cocktail tout à fait expérimental. La mise à mort de Dennis McGuire a été longue et douloureuse, il a suffoqué pendant au moins 25 minutes. Cet état a un historique d’exécutions « ratées », il s’agit ici de la 5e. Les nombreux recours déposés pour bloquer cette méthode d’exécution ont échoué alors que de nombreuses voix continuent de s’élever pour protester vigoureusement contre les souffrances et la torture infligés au condamné. Le gouverneur Kasich, et les législateurs, ne sont pas responsables du choix des drogues utilisées pour les exécutions, ce choix est laissé à la discrétion de l’administration pénitentiaire. Cette situation est particulièrement extraordinaire parce que l’État de l’Ohio est le seul dans le pays à prévoir dans ses lois que la mise à mort doit être indolore. Dennis McGuire est le 52e condamné à mort dans cet état depuis la réintroduction de la peine de mort en 1976.

La problématique de l’injection létale sur l’ensemble du territoire américain est en train de prendre une tournure toute particulière car de nombreuses voix dans le milieu médical s’inquiètent des ruptures de stock actuelles des drogues en question dans les hôpitaux alors que les administrations pénitentiaires ont acquis des stocks importants des mêmes drogues.

Trois exécutions ont eu lieu pendant les 16 premiers jours de 2014, cinq autres exécutions sont programmées d’ici à la fin de ce mois, et vingt-deux sur l’ensemble du territoire pour cette année.

Les Etats-Unis ont exécuté 1361 personnes depuis janvier 1977.