Licencié d'une usine d'Etat en faillite, Xia Junfeng et son épouse étaient devenus petits vendeurs de nourriture de rue. Pris à partie par des gardes municipaux (une profession connue pour ses méthodes de harcèlement et de racket), le couple est emmené au commissariat où l'affaire tourne mal. Tabassage ? Torture ? Xia Junfeng sort un couteau, poignarde mortellement deux gardes et en blesse un troisième.
Malgré la prise en charge de son dossier par d'excellents avocats et les tentatives de son épouse pour gagner l'opinion publique, l'exécution a eu lieu le 25 septembre 2013.
Cette affaire a suscité de nombreux commentaires en Chine, concernant :
Les droits de la défense. Des arguments à décharge n'auraient pas été pris en compte. Le célèbre dissident Hu Jia évoque des aveux sous la torture. La légitime défense n'a pas été retenue.
La différence de traitement entre puissants et misérables. Des comparaisons sont faites avec l'affaire Bo Xilai (plus précisemment son épouse Gu Kai, condamnée à mort avec sursis pour un meurtre avec préméditation), et une autre affaire impliquant un garde municipal (simples sanctions administratives, après avoir tué un commerçant de rue).
Le droit des condamnés et de leurs familles. L'épouse de Xia Junfeng a été convoquée pour une dernière visite au petit matin (5 heures). Refus de faire une dernière photo ensemble. Exécution le jour même – ce qui contrevient à un délai de 3 jours que s'octroye l'administration pour la supervision de l'exécution. Crémation et remise de l'urne funéraire le jour même. Des observateurs attentifs s'interrogent : pourquoi une telle précipitation ? Quelqu'un d'important aurait-il un besoin urgent d'organe (s) ?